Depuis la mise en place des multiples actions nationales, les activités et les emplois liés à l’environnement ont connu une évolution. Les préoccupations environnementales vont avoir des conséquences sur les comportements des entreprises. En effet, celles-ci doivent réorienter leurs productions pour satisfaire ce nouveau besoin, mais elles sont également poussées à changer leur image. L’environnement et le développement durable sont ainsi devenus des dimensions importantes dans la communication d’une entreprise. D’après les résultats d’une enquête réalisée par Pôle emploi, le développement durable apparaît comme une « opportunité pour améliorer le positionnement de l’entreprise sur son marché, en communiquant une bonne image à ses clients ». Au-delà de l’activité, les entreprises sont également amenées à mettre en place des mesures internes visant à réduire l’impact sur l’environnement.

Entre 2004 et 2010, selon le Commissariat général au développement durable (CGDD), les métiers de l’environnement a augmenté de 20 %, soit un rythme annuel moyen de 3,4 % très supérieur à celui de l’ensemble de l’économie (0,5 %). En 2008, tiré par la très forte hausse deont énergies renouvelables (+ 25,5 % entre 2007 et 2008) l’emploi environnemental a crû significativement (+ 3,4 %). Le ralentissement constaté en 2009 consécutif à la crise économique fut néanmoins de moindre ampleur dans le secteur des éco-activités que dans l’ensemble de l’économie. Dès 2010, l’emploi dans les éco-activités repart à la hausse alors que celui dans le reste de l’économie stagne.

 

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Des métiers qui embauchent

Selon un rapport présenté par le Programme des Nations Unies pour l’environnement, le marché du travail mondial des produits et services liés à l’environnement devrait doubler pour passer de 1 370 milliards de dollars par an à 2 740 milliards de dollars vers 2020. Une partie de ce marché concerne essentiellement l’efficacité énergétique et l’autre moitié les transports durables, l’approvisionnement en eau, l’assainissement et la gestion des déchets.

Un autre secteur, où des prévisions du nombre métiers verts sont possibles, est celui des énergies renouvelables. Les investissements dans ce secteur sont en forte expansion : ils sont passés de 10 milliards de dollars en 1998 à 66 milliards de dollars en 2007, soit l’équivalent de 18 % de l’ensemble des investissements. "Ils devraient atteindre 343 milliards de dollars en 2020 et quasiment doubler à nouveau d’ici à 2030 pour se chiffrer à 630 milliards de dollars ».(1)

 

Comment se former et s’inserer dans l’économie verte ?

L’offre de formation des métiers environnementaux s’est fortement développée et diversifiée.

Une étude du SOeS(2) parue en 2011, élaborée à partir de la base Reflet1, montre que le nombre d’inscrits dans les formations environnementales, du CAP à la licence professionnelle, ainsi que l’offre de formation, sont en augmentation. Cependant la situation est très différente selon les domaines :

  • Les formations en aménagement du territoire et de la nature sont très attractives, mais leurs effectifs semblent en surabondance au regard des emplois disponibles sur le marché du travail. De plus la majorité de ces emplois restent peu qualifiés et le taux d’encadrement est plus faible que dans d’autres secteurs.
  • Les offres d’emploi sont, quant à elles, concentrées dans les métiers relatifs au domaine «pollutions, nuisances et risques».

Un décalage apparaît ainsi entre les cursus de formation suivis par de nombreux étudiants et les offres d’emploi proposées, même si les diplômés peuvent poursuivre leurs études ou s’insérer sur le marché du travail dans des métiers non environnementaux. 

Dans « L’enquête Génération 2004 », 10 700 jeunes sortis des formations environnementales ont été suivis par le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (CEREQ). L’observation de leur parcours professionnel entre 2004 et 2007 fait apparaître une insertion professionnelle a priori moins favorable que pour l’ensemble des formations. Ce constat est à nuancer en fonction du niveau de diplôme et des filières de formation suivies. De plus, comme dans l’ensemble des formations, les jeunes issus des formations environnementales ayant poursuivi des études supérieures ont de bons indicateurs d’entrée dans la vie active. Parmi les formations environnementales, les filières conduisant à des métiers de l’industrie et de la construction permettent une meilleure insertion professionnelle.

Un peu partout en France, dans les 186 campus de l’AFPA (Association nationale pour la formation professionnelle des adultes), des formations nouvelles voient le jour. Le premier secteur concerné par la croissance verte, est celui du bâtiment. (2)

En dépit d’une progression des formations en environnement, il existe un décalage entre les offres d’emplois et les demandes. De même, l’insertion professionnelle d’un jeune diplômé d’une formation en environnement est inférieure à celle des sortants d’autres formations. C’est pourquoi, une adéquation entre l’offre de formations et les offre d’emploi.

 

  1 La base Reflet du Céreq répertorie les diplômes de l'enseignement technique et professionnel délivrés par les ministères de l'Education nationale, de l'Agriculture et de la pêche, et les directions générales de l'Action sociale et de la Santé.

 

(1) Worldwatch Institute, Cornell Labour Institute. Green Jobs: Towards Sustainable Work in a Low-Carbon World. Washington : UNEP, Septembre 2008, 350 p.

(2) Vergne, Jean-Luc. Vague verte sur la formation. La revue politique et parlementaire, 6 Mars 2012.

Randriambololona, Céline. Les éco-activités et l’emploi environnemental en 2010 : premiers résultats. Chiffres et statistiques n° 301, Mars 2012, 4 p.

Commissariat général au développement durable. Les métiers dans une économie verte. MEDDTL,28 Mars 2012, 7 p.

Ast, Dorothée ; Margontier, Sophie. Les professions de l'économie verte : typologie et caractéristiques. Dares Analyses-Dares Indicateurs, n° 18, Mars 2012, 13 p.

Commissariat général au développement durable. Observatoire des emplois et métiers de l’économie verte - rapport d’activité 2011. Paris : Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, 2012, 91 p.

 Asseraf, Georges; Pitte, Jean-Robert. Informer et orienter «vert» et certifier les compétences «vertes» : Pour une approche commune de l’information verte. Paris : CNCP, 2012. - 35 p.

Commissariat général au développement durable. Activités, emplois et métiers liés à la croissance verte : périmètres et résultats. Paris : Service de l'observation et des statistiques, Etudes et documents, 2011, 32 p.

Commissariat général au développement durable. L’économie de l’environnement en 2009 Rapport de la Commission des comptes et de l’économie de l’environnement. Paris : Service de l'observation et des statistiques, Etudes et documents, 2011, 108 p.

Ministère de l'écologie, de l'énergie , du développement durable et de la mer. Croissance verte : zoom sur 50 métiers. Paris : La Documentation française, 2010, 129 p.

Mis à jour le 21 juin 2012

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