Les mondes sociaux des TPE/PME  : apports et limites de l'appareil statistique.

 

Le 17 juin, une quarantaine de chercheurs et praticiens ont débattu au sein de l’atelier "Les mondes sociaux des TPE/PME" du Céreq sur les apports et limites de l'appareil statistique.

 

Enquêtes et sources administratives permettent aujourd’hui de cerner le poids des petites entreprises, d’évaluer leur contribution en emplois et en formation et même d’observer la « galaxie TPE » sous divers angles. Certes, André Létowski nous met en garde contre les appariements entre les diverses sources mais quel progrès par rapport aux années 1980, moment où le Céreq commença à étudier ces entreprises ! Ses enquêtes qualitatives soulignaient déjà, l’importance du dirigeant et plaidaient pour une étude de leurs stratégies. Désormais, des enquêtes statistiques intègrent ces variables et permettent d’appréhender la place et le rôle des petites entreprises mais aussi de comprendre leurs modalités de fonctionnement beaucoup plus variées et complexes qu’on ne le pense.

 

Ainsi l’enquête Sine présentée par Jérôme Domens (Insee PACA), nous éclaire-t-elle sur la création et le démarrage des entreprises en fournissant de précieuses informations sur le profil du dirigeant, ses objectifs, ses moyens et son environnement.
L’enquête Réponse est également d’un grand intérêt. Etendue en 2011 à l’ensemble des établissements de 11 salariés ou plus du secteur marchand, elle porte selon Fabrice Romans (Dares) un regard renouvelé sur les relations professionnelles et la réalité du dialogue social au sein des PME. Corinne Perraudin et Nadine Thèvenot (CES, Université Paris 1) ont mobilisé cette source pour analyser les relations de sous-traitance et rendre compte des répercussions des « rapports de force » qui s’en dégagent, sur les structures de qualifications et les pratiques de GRH des PME concernées.
Enfin, l’enquête DEFIS du Céreq présentée par Isabelle Marion, Delphine Béraud et Edmond Noack, interroge dirigeants et salariés de petites unités [1] sur les formations suivies, en resituant ces dernières par rapport à l’organisation du travail, aux pratiques de GRH et au profil du dirigeant.

 

Mais le développement des dispositifs statistiques ne doit pas occulter la nécessité d’une sociologie des petites entreprises. Frédéric Rey du CNAM est revenu sur la construction sociale et évolutive, de la catégorie « petites entreprises » et sur les tensions que cette construction fait naitre entre les champs politiques, sociaux, scientifiques et statistiques. Ce dernier a en outre plaidé pour une plus grande complémentarité des méthodologies quantitatives et qualitatives. Didier Chabaud de l’université d’Avignon qui s’inscrit également dans cette démarche, veille à repositionner le dirigeant au cœur des dynamiques entrepreneuriales des PME, notamment pour mieux comprendre les enjeux relatifs à la croissance et à la transmission de ces entreprises.

 

Gageons que la richesse et la diversité de ces travaux permettront à terme d’outiller et de nourrir les études et recherches de l’atelier « Les mondes sociaux des TPE/PME».

 

Elyes Bentabet (Céreq), Stéphane Michun (CAR Montpellier, Céreq) 

 

 [1] Des entreprises de 3 à 9 salariés de certains secteurs sont intégrées à l’échantillon et l’ensemble des secteurs privés, hors agriculture, est couvert à partir de 10 salariés

 

En savoir plus

Téléchargez le dossier complet de la journée d'étude :

 

Interventions filmées du séminaire :

-Les PME et leurs dirigeant : cadrage, enjeux et perspectives (30mn)

-Les conflits et régulations sociales dans les PME françaises : réflexions pour une sociologie des petites entreprises (19mn36).

-Les rapports de force dans les relations de sous-traitance des entreprises en France (31mn).

-Présentation de l'enquête REPONSE de la DARES (21mn48). 

 

"Les mondes sociaux des TPE-PME" est un atelier du Groupe de Recherche et de Production "Organisations, travail et formes de mobilisation de la main d'oeuvre".

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