Un nouveau diplôme en début de vie active : pour qui, pourquoi ?

 

13 % des jeunes sortis de formation initiale en 2010 ont obtenu un nouveau diplôme* dans les 5 années qui ont suivi. Ce phénomène, en augmentation constante, témoigne de la valeur que familles, jeunes et institutions continuent d’accorder au diplôme ; il interroge par ailleurs l’étanchéité de la frontière entre formation initiale et continue. 43 % de ces nouveaux diplômes sont obtenus en alternance (apprentissage ou contrat de professionnalisation).

Ces parcours concernent davantage des bacheliers (18 %) et d’abord des bacheliers généraux (29 %). Seuls 12 % des non-diplômés sont dans ce cas. Les nouveaux diplômes obtenus sont en majorité des diplômes d’un niveau immédiatement supérieur. Les titulaires de CAP ou BEP se distinguent car ils sont 59 % à obtenir un nouveau diplôme de niveau équivalent. Les chiffres relativisent par ailleurs la « révolte des premiers de la classe », du moins en tout début de vie active. Sur l’ensemble des jeunes diplômés de licence et plus, seuls 1 % (soit environ 1 700 individus) ont obtenu 5 ans après un nouveau diplôme de niveau bac et en-deçà.

Le « retour » au diplôme ne vise pas uniquement à faire face à des difficultés d’insertion : l’année précédant la reprise d’étude, seul un tiers des jeunes étaient inscrits dans des situations de chômage ou d’inactivité durable. L’étude identifie ainsi deux types de logiques individuelles qui conduisent à un retour sur la voie des diplômes : une première, dite « défensive » concerne les jeunes qui se tournent vers un nouveau diplôme pour faire face à des difficultés sur le marché du travail. La seconde, dite « offensive », plus fréquente chez les jeunes déjà les plus diplômés, vise une progression de carrière ou une réorientation.

L’horizon temporel de l’enquête est certes un peu court pour évaluer l’impact sur les parcours professionnels. Cependant, toutes choses égales par ailleurs, avoir obtenu un nouveau diplôme dans le cadre d’une démarche offensive réduit significativement les risques d’être au chômage ou inactif en 2015. Ce n’est pas le cas quand il est obtenu dans le cadre d’une démarche défensive.

 

* L’analyse exclut tous les retours en formation qui n’ont pas abouti à l’obtention d’un diplôme, ainsi que toutes les autres certifications (titres professionnels, CQP…)

 

Depuis 20 ans, les enquêtes Génération fournissent des données sur les différences de conditions d’accès à l’emploi en fonction de la formation initiale suivie et de diverses caractéristiques individuelles.

 

 

Pour en savoir plus :

Céreq Bref n°360 – Retours précoces sur la voie des diplômes : vers une formation « tout au long du début de la vie » ? Auteures : Virginie Mora, Alexie Robert

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