cereq_article

Chômage et qualité de l'emploi des jeunes dans une Europe en crise

Chômage et qualité de l'emploi des jeunes dans une Europe en crise

Quatre ans après le début de la crise financière et deux ans après l’entrée dans la Stratégie Europe 2020, le chômage et la qualité de l’emploi des jeunes de l’Union européenne (UE) méritent un regard rétrospectif. Comment ont-ils évolué dans les différents pays entre 2006 et 2012 ?

Le Céreq a basé son étude sur une exploitation des résultats  de  l’enquête socio-économique communautaire sur les forces de travail (EFT). La qualité de l’emploi est envisagée selon l’approche par les capacités c’est à dire par la prise en compte des entraves à la « liberté réelle d’une personne à choisir un emploi ». Pour la grande majorité des pays européens, la forte montée du chômage des jeunes sur la période 2006-2012 s’est accompagnée d’une détérioration de la qualité de leur emploi. Cependant, aucun pays n’a connu une baisse de chômage au prix d’une dégradation de qualité de l’emploi.

Au niveau européen comme en France, ce sont les jeunes actifs de moins de 25 ans qui ont été le plus durement frappés par la crise.  En 6 ans, leur taux de chômage a augmenté de près de 6 points, soit deux fois plus que pour l’ensemble des actifs. Il s’établit à 23% en 2012 contre 10,6% pour celui des adultes au sein de l’UE-28.

Pour apprécier la qualité de l’emploi,  un indice multidi­mensionnel de mauvaise qualité d’emploi a été construit. Il se démarque des indicateurs de qualité usuels qui envisagent la qualité de l’emploi indé­pendamment des contraintes qui peuvent régir les choix des personnes.

Par cette approche spécifique, l’enquête révèle au ni­veau global une détérioration de la situation des jeunes européens. Si la qualité de l’emploi s’est améliorée dans cinq pays (Allemagne, Autriche,  Pologne,  Belgique et Pays-Bas), elle s’est dégradée pour la majorité des autres. Pour ces pays,  la détérioration est principalement due à la hausse de l’emploi à temps partiel involontaire (augmenta­tion de 30 %) et à celle des emplois offrant une quantité d’heures de travail inférieure au volume souhaité (augmentation de 20 %). En Irlande, l’emploi temporaire a presque décuplé lorsqu’en Allemagne il a été divisé par deux. Les emplois assortis d’heures supplémentaires non payées ont quadruplé au Luxembourg et ont presque doublé en Grèce ou en Finlande, alors qu’ils ont été divisés par deux voire plus en Suède ou en Autriche.

 

L’analyse combinée de l’évolution du taux de chômage et de l’indicateur de mauvaise qualité de l’emploi amène à distinguer trois groupes de pays. Un premier groupe qui combine baisse du chômage et nette amélioration de la qualité de l’emploi (Allemagne, Autriche, Pologne et Belgique) – un deuxième groupe de pays qui subit une montée du chômage à des taux inédits  et une dégradation flagrante de la qualité de l’emploi (Irlande, Grèce, Chypre, Espagne et Portugal). La France se situe avec les Pays-Bas dans le troisième groupe, composé de pays où une augmentation plus modeste du chômage est couplée à une légère dégradation ou une stabilité de la qualité de l’emploi.

Ces résul­tats montrent que les évolutions quantitatives et qualitatives sont corrélées et procèdent d’une même dynamique. Au final, l’enquête ne fait pas apparaître de pays ayant connu une baisse du chômage au prix d'une dégra­dation de la qualité des emplois.

 

Bref n°332 - Chômage et qualité de l’emploi des jeunes : un tour de l’Europe en crise.

Auteures : Josiane Vero et Céline Goffette – mars 2015 

Télécharger le communiqué de presse au format PDF :  Chômage et qualité de l’emploi des jeunes dans une Europe en crise

 

Contact presse : Marie-Christine ANTONUCCI servicepresse@cereq.fr – 04 91 13 28 94

Haut de page