Enquête 2013 auprès de la Génération 2010 : La crise heurte frontalement les diplômés de CAP-BEP

Les jeunes issus de l’enseignement secondaire professionnel connaissent des difficultés inédites à leur entrée sur le marché du travail. C’est ce que révèle l’enquête 2013 auprès de la Génération 2010. Les diplômés, de CAP-BEP paient le prix fort. Alors que le taux de chômage, après trois ans de vie active, est de 20% pour l’ensemble des bacheliers technologiques et professionnels, il atteint 31% pour les jeunes diplômés de niveau V (CAP BEP). Bien que restant mieux positionnés que les non diplômés, les titulaires d’un CAP ou d’un BEP voient donc leur désavantage par rapport aux bacheliers professionnels s’accroître très nettement. Mais, cette évolution est à nuancer selon les spécialités de formation.

Le CAP demeure un diplôme d’insertion dans les spécialités où il a joué un rôle historique, aux premiers rangs desquelles le bâtiment et la cuisine. Ailleurs, il souffre à la fois de la concurrence du niveau IV (bac) et de la crise. La dégra­dation conjoncturelle est telle que les taux de chômage observés pour les diplômés de niveau V (CAP BEP) de la Génération 2010 sont identiques à ceux des sortants sans diplôme de la Génération 2004 !

Rares sont les domaines de formation qui échappent entre 2007 et 2013 à une dégradation de l’accès à l’emploi. Le phénomène est massif au point d’affecter des filières touchant à la  mécanique ou à l’électricité ; leurs taux de chômage explosent durant cette période ; il passe de 7 à 26% pour les bacheliers professionnels de la spécialité électricité-électronique, 16 à 30% pour les diplômés CAP-BEP de cette même spécialité. Dans le secteur de la mécanique automobile, pour les diplômés de CAP  le taux de chômage explose passant de 9 à 26%.  Les spécialités déjà en difficulté auparavant, comme le secré­tariat-bureautique, connaissent pour leur part un accroissement continu de leur taux de chômage.

L’accès à un emploi à durée indéterminée (EDI) au cours des trois premières années de vie active, déjà peu probable pour les sortants sans diplôme, tend aussi à se raréfier pour les diplômés de CAP-BEP. De plus, l’intérim est en déclin car structurellement lié aux secteurs industriels en difficulté.

Quant aux  rémuné­rations perçues par les jeunes diplômés de l’enseignement secondaire,  elles pré­sentent un éventail bien peu ouvert, et ce n’est qu’à partir du niveau III que l’on peut observer des différenciations nettes des salaires selon le niveau de diplôme. Le salaire net médian des diplômés de niveau V s’élève à 1 270 € contre 1 300 € pour les diplômés de niveau IV. Les jeunes qui n’accèdent pas aux diplômes de l’enseignement supérieur semblent donc de plus en plus cantonnés à des salaires proches du SMIC.

 

Pour en savoir plus : Bref n°335 – Enquête 2013 auprès de la Génération 2010 - CAP-BEP : des difficultés d’insertion encore aggravées par la crise.  Mai 2015 - Valérie Ilardi et Emmanuel Sulzer.

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CAP-BEP : des difficultés d"'insertion encore aggravées par la crise

 

Contact presse : Marie-Christine ANTONUCCI servicepresse@cereq.fr – 04 91 13 28 94

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