En France, en 2012, la formation professionnelle continue fait toujours l’objet de nombreuses inégalités liées entre autres à la catégorie sociale, au niveau de diplôme, à l’âge, au genre et au statut d’emploi.

Le Céreq a analysé les raisons pour lesquelles une partie des salariés n’ont pu réaliser les formations qu’ils souhaitaient. Cette analyse est basée sur l’enquête Adult Education Survey 2012 réalisée par l’Insee et la DARES qui s’inscrit dans le cadre d’une enquête européenne conduite par Eurostat. 

Selon l’enquête, 38% des salariés affirment qu’ils auraient souhaité se former (s’agissant des non-formés) ou se former davantage (s’agissant des formés). Les formés évoquent plus souvent que les non-formés des souhaits de formation non satisfaits, 41% contre 32%. Par ailleurs, les seniors et les ouvriers se démarquent. Alors que jusqu’à 50 ans, la propension à déclarer des souhaits de formations non satisfaits avoisine 40% des salariés interrogés, au-delà, elle chute à 28%. Quant aux ouvriers, à la fois plus âgés et moins diplômés, ils sont également relativement moins nombreux à déclarer des souhaits non satisfaits.

 

La charge de travail est le premier frein avancé par les salariés, notamment par les cadres (34%) en raison de leurs responsabilités ou de leur place dans l’organisation de l’entreprise.

La seconde raison, le coût de formation concerne avant tout les jeunes de moins de 30 ans (26%) souvent moins qualifiés ou occupant des emplois précaires. Cela peut s’expliquer en partie par le fait qu’ils souhaitent souvent des formations visant une qualification ou une certification de durée plus longue mais aussi plus coûteuse, combinées à des capacités économiques faibles.

 

D’autres raisons comme le refus de l’employeur, la contrainte familiale, ou encore la non-maîtrise des prérequis sont aussi mises en avant par les salariés. Le refus de l’employeur s’apparente à une question de temps et de coût. La contrainte familiale reste une affaire de femmes, les moins qualifiées  étant les plus pénalisées, car elles n’ont pas les moyens de déléguer une partie de leur charge familiale.

Quant à la non-maîtrise des prérequis, elle concerne surtout les employés et les ouvriers et corrélativement les non diplômés.

 

La prise en compte de ces freins, en lien avec la loi de mars 2014, semble nécessaire pour réorienter la formation vers « ceux qui en ont le plus besoin ».

 

Pour en savoir plus :

 

Bref n°323  –   Les freins à la formation vus par les salariés. – octobre 2014

Auteurs : Jean-Marie Dubois, Christine Fournier

 

Contact presse : Marie Christine Antonucci – servicepresse@cereq.fr – 04 91 13 28 94

Version en pdf du communiqué de presse en ligne Bref 323 octobre 2014 

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