Communiqué

L'enquête génération

 

Cette cinquième édition de Quand l’école est finie…, apporte un éclairage unique sur les premiers pas dans la vie active des jeunes en France.  Elle présente des résultats détaillés de l’enquête menée au printemps 2013, auprès des jeunes ayant arrêté leurs études en 2010. Elle paraît alors que la crise économique semble s’aggraver encore. Parti­culièrement éprouvés par les difficultés sur le marché du travail, les parcours professionnels des jeunes varient encore plus grandement en fonction de leur formation initiale. Mais, jusqu’où leurs trajectoires sont-elles bouleversées ?

 

Au  printemps 2013 et après trois ans de vie active, 57% des jeunes ont accédé rapidement, voire immédiatement, mais surtout durablement à l’emploi. 59% des emplois occupés par les jeunes  de la génération 2010 sont des emplois à durée indéterminée (CDI ou fonctionnaires).  A l’opposé, 34% des emplois occupés par ces sortants sont à durée déterminée, 16% des emplois salariés sont à temps partiel et celui-ci est subi dans la plupart des cas. Mais ce tableau statistique d’ensemble cache de grandes disparités abondamment illustrées par l’ouvrage.

 

L’effet du diplôme est toujours aussi manifeste sur  les indicateurs d’insertion. Les jeunes les plus diplômés gardent un avantage important en termes d’accès à l’emploi, de qualité de l’emploi et de salaire. À l’opposé, la crise pénalise encore plus for­tement les jeunes les moins diplômés, avec toujours au premier rang ceux qui sortent du système scolaire sans aucun diplôme. Ils subissent des difficultés croissantes d’accès et de maintien à l’emploi. 40% d’entre eux restent en dehors ou aux marges de l’emploi au cours des trois années qui suivent leur sortie du système éducatif. Les jeunes diplômés de CAP-BEP rencontrent eux aussi de sérieuses difficultés pour se stabiliser dans l’emploi, mais moindres. Les diplômés de l’enseignement supérieur, et notamment ceux de l’enseignement supérieur court, sans être épargnés par la crise, sont moins de 5 % à rester aux marges de l’emploi au cours des trois ans.

Ainsi, le diplôme n’est certes pas suffisant pour éviter à coup sûr le chômage ou une insertion professionnelle chaotique, mais il apparaît dans cette enquête comme un atout renforcé en temps de crise.

 

L’ouvrage montre aussi à quel point, l’insertion des jeunes reste liée à leur genre ainsi qu’à leurs origines socioculturelles.

Contrairement à ce que l’on pouvait observer pour les générations précédentes, la situation des jeunes femmes sur  le marché du travail semble meilleure que celle des jeunes hommes. En effet, le taux de chômage féminin reste inférieur à celui des hommes sur les trois premières années d’insertion. Il est de 20% au deuxième trimestre 2013 (contre 23% pour les hommes). Cet avantage relatif dû à un meilleur niveau de diplôme des femmes n’efface pourtant pas les inégalités sur le marché du travail. A diplôme égal, les femmes ont un taux de chômage plus élevé, et leur salaire est inférieur… Elles subissent plus que les hommes le temps partiel contraint.

Enfin, elles sont moins souvent embauchées en emploi à durée indéterminée

 

 

L’origine sociale a un impact sur les trajectoires d’insertion des jeunes et pèse toujours sur leur devenir professionnel. Les jeunes issus d’une famille de cadre ont des trajectoires nettement plus avantageuses. 71% d’entre eux ont accédé rapidement (ou immédiatement) et durablement à l’emploi, contre 55% des jeunes issus d’une famille d’ouvrier ou d’employé et contre  51% pour les jeunes issus de l’immigration. Trois ans après son entrée sur le marché du travail, un enfant de cadre a quatre fois plus de chances d’être cadre à son tour qu’un enfant d’ouvrier. Ces inégalités sont déjà à l’œuvre en amont, au travers d’importantes disparités de diplômes en fin de formation initiale. Pour autant, selon le milieu d’appartenance, les diplômes ne sont pas « rentabilisés » de la même manière et  à l’issue d’un même niveau de formation, les destins professionnels des enfants de cadre diffèrent encore sensiblement de ceux des jeunes d’origine populaire.

 

Par ailleurs, accéder à un emploi s’avère toujours plus difficile pour les jeunes issus de l’immigration, notamment extra-européenne, ou ceux issus d’une zone urbaine sensible (Zus). A tous les niveaux de sortie, quel que soit leur sexe, les jeunes issus de l’immigration (13% de la génération) connaissent des débuts de vie active plus chaotiques que les autres. Ils ont davantage suivi une trajectoire aux marges de l’emploi, marquée par un chômage durable ou une inactivité. Pour ce qui est des jeunes qui résidaient en zone urbaine sensible à la fin de leurs études, trois ans après leur sortie,  leur taux de chômage est de 34%, soit 12 points de plus que celui des autres jeunes de la génération 2010. Là encore, les difficultés d’insertion renvoient en bonne partie, mais en partie seulement, aux faibles niveaux de diplôme.

 

Les premiers résultats de l’enquête avaient révélé que cette « génération 2010 » avait atteint le taux de chômage le plus élevé observé dans les enquêtes du Céreq. Mais paradoxalement, lorsque les jeunes travaillent, leur satisfaction ne paraît pas entamée par la très mauvaise conjoncture : 67% des jeunes occupant un emploi salarié au printemps 2013 déclarent que leur situation leur convient et qu’ils ne souhaitent pas changer d’emploi. A l’opposé, 13% de jeunes « insatisfaits » recherchent un autre emploi et déclarent que leur situation ne leur convient pas. Par ailleurs, 80% déclarent « se réaliser professionnellement ». Tous ces chiffres n’ont presque pas varié par rapport à ceux de la Génération 2004. Très peu liée au niveau de diplôme ou au genre, la satisfaction vis à vis de la situation professionnelle dépend toujours du contrat et du temps de travail, ainsi que du niveau de rémunération.

 

 

Version pdf du communiqué de presse de Quand l'ecole est finie version 2010

 

 

Contact  presse : Marie-Christine ANTONUCCI

antonucci@cereq.fr ou servicepresse@cereq.fr

Tél : 04 91 13 28 94

 

 

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