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Lutte contre le décrochage : le Céreq identifie 4 organisations types

Par Cécile Olivier
Paris, le 11/04/2016 17:46:00
Dépêche n°536183

"Il  existe  une  grande  hétérogénéité  dans  la  manière  dont  les  chefs  d’établissements interprètent le plan national de lutte contre le décrochage et le traduisent dans le contexte local des  établissements",  montre  une  enquête  réalisée  par  le  Céreq,  rendue  publique le 8 avril 2016. Menée auprès des équipes de direction de plus de 120 établissements, dans 3 académies (Aix-Marseille, Créteil et Lyon), cette enquête met en évidence quatre modèles différents d’organisation. Elle montre que "le discours ministériel de promotion de l’action pluriprofessionnelle réinterroge les fonctionnements internes des établissements" et que le décrochage scolaire est "loin de faire l’objet d’une approche unifiée". Le Céreq souligne que la lutte contre le décrochage se fait partout dans un cadre interprofessionnel et que certains chefs d’établissement s’en saisissent comme "principe de management".  

Lancé à la rentrée 2014, le plan national contre le décrochage scolaire vise à promouvoir et à renforcer la collaboration entre les professionnels de l’éducation pour améliorer la prévention du phénomène (lire sur AEF). Il propose notamment de réunir tous les acteurs de la communauté éducative dans des groupes de prévention du décrochage scolaire (GPDS).

"Pourtant, il existe une grande hétérogénéité dans la manière dont les chefs d’établissements interprètent un plan national et le traduisent dans le contexte local des établissements", écrit le Céreq dans son enquête menée auprès des équipes de direction de plus de 120 établissements, dans les trois académies participant au projet Tita (Training, Innovative Tools and Actions) en France : Aix-Marseille, Créteil et Lyon.

QUATRE TYPES D’ORGANISATION POUR METTRE EN PLACE LES GPDS

L’enquête du Céreq montre que "le discours ministériel de promotion de l’action pluri professionnelle réinterroge les fonctionnements internes des établissements" et met en évidence 4 types différents d’organisation :

1.   Des établissements (28 %), dans lesquels l’action de prévention se réalise à travers une collaboration restreinte et s’organise essentiellement autour de la vie scolaire. Le GPDS a pour rôle d’organiser au mieux la sortie de l’établissement des cas d’absentéisme "lourd" pour lesquels la rupture est déjà engagée.

2.   Des établissements (18 %) qui ont une conception élargie du décrochage scolaire et associent  un  nombre  plus  large  de  personnels  dans  un  travail  collaboratif  de prévention structuré, mais toujours sans enseignants. 

3.   Des établissements (36 %) dans lesquels le groupe de prévention comporte des enseignants. Tous les personnels de l’établissement sont impliqués dans le repérage qui s’applique à tous les élèves. Ici, le groupe de prévention s’intéresse aux élèves présents en classe mais peu impliqués dans leur scolarité.

4.   Des établissements (18 %) où l’action de prévention mobilise l’ensemble de la communauté scolaire. Au lieu d’un groupe de prévention relatif à tous les élèves de l’établissement,  il  existe un  groupe par  classe.  Pour chaque GPDS,  le  professeur principal de la classe concernée s’ajoute à un collectif commun composé de la direction, du CPE, de l’assistant social, de l’infirmier et du conseiller d’orientation.

UTILISER LE PLAN DÉCROCHAGE COMME PRINCIPE DE MANAGEMENT

Le Céreq souligne que "l’implication des enseignants constitue un enjeu essentiel du travail pluriprofessionnel". En effet, les équipes de direction ont traditionnellement structuré la lutte contre le décrochage scolaire au sein des établissements autour d’un collectif composé du CPE et des représentants du pôle médico-social.

"Ce collectif n’est pas seulement un lieu de résolution de problèmes, il produit également un discours sur l’école, des avis sur les pratiques internes à l’établissement", soulignent les auteurs. De ce point de vue, il "questionne la communauté des enseignants et ses manières de faire". C’est pourquoi le GPDS intégrant les  enseignants peut constituer "un cadre pour produire localement une vision commune et interne de ce que veut et peut faire l’établissement".

"Si tous les chefs d’établissement ne partagent pas cette façon de voir, il est manifeste que certains se sont déjà saisis du plan de lutte contre le décrochage scolaire, du GPDS et de l’action pluriprofessionnelle comme principe de management et d’évolution des collectifs de travail", observe le Céreq.

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