Quand l'éolien prend la mer ...

Le Céreq s’est engagé aux côtés du Commissariat général  au développement durable (CGDD) dans un programme d'étude sur l’impact des problématiques environnementales et de développement durable sur les métiers et les formations.  Le secteur des énergies marines renouvelables (EMR) constitue l'un des domaines du champ des "éco-activités" étudié.

La France n’a pas encore de parcs d’éoliennes offshore en fonctionnement, contrairement à l’Allemagne, à la Grande Bretagne ou encore aux pays scandinaves. Mais 6 zones seront équipées en 2020 et 2023, pour un total 422 éoliennes et une puissance installée de 3GW (la moitié de l’objectif prévu par le Grenelle de l’environnement).  L’émergence de cette filière industrielle pose la question des besoins en qualifications associées que certains traduisent hâtivement en termes de formation à de nouveaux métiers… En réalité, nombre de métiers exercés seront dérivés de métier existants ; ils connaîtront des évolutions significatives portant sur des besoins en compétences additionnelles liées au contexte maritime. C’est le cas des métiers d’ingénieur (notamment génie industriel) mais aussi de responsable logistique qui intègrent des compétences pointues relevant des domaines de management QHSE (qualité, hygiène, sécurité, environnement) ou encore des systèmes de logistique intégrée ou supply chain.

Mais le plus illustratif de ces nouvelles dynamiques à l’œuvre est celui de technicien de maintenance éolienne. Connu depuis 20 ans à terre, il bénéficie de formations spécifiques.  A l’offshore ce métier concentre l’essentiel des problématiques métier/formation des professionnels et futurs exploitants. A l’horizon 2020, plus de 400 recrutements seront nécessaires. Ils devront s’effectuer rapidement, on peut donc craindre une pénurie et une concurrence entre l’onshore et l’offshore. L’identité professionnelle de ces techniciens empruntera probablement à deux cultures (maintenance éolienne et gens de mer). Cette dualité d’appartenance se retrouve dans les publics à former : « maritimiser » des techniciens » ou « techniciser » des marins ?

 

Plus largement, ce que montre la filière EMR, c’est qu’il ne faut pas sous-estimer le poids de l’environnement maritime de travail tant pour les activités de préparation des sites, d’installation, de câblages, que d’exploitation et de maintenance. La mer est donc bien le centre de gravité de cette filière ; elle en détermine en grande partie l’organisation et les modes de professionnalisation.

Pour en savoir plus :

Bref n°336 – Quand l’éolien prend la mer : un vent nouveau sur des métiers existants. Juin 2015

Net.Doc, n° 136, 2015, 136 p. - L'émergence d'une filière EMR en France : quelles perspectives pour l'emploi et la formation ? Le cas de l'éolien offshore posé.

Auteur : Gérard Podevin (Centre de recherche en économie et management, CREM, centre associé régional Céreq - Rennes)

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Contact presse : Marie-Christine ANTONUCCI servicepresse@cereq.fr – 04 91 13 28 94

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