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Mobilités interrégionales des jeunes diplômés du supérieur

Quelles régions attirent les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur ?

Attirer des jeunes qualifiés constitue un enjeu pour le développement économique d’une région. Dès lors, les mobilités géographiques des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur méritent une attention particulière. Basée sur les données de l’interrogation 2013 de l’enquête Génération 2010, cette nouvelle étude du Céreq rappelle l’intensité des migrations des jeunes bacheliers engageant des études supérieures à la fois en cours d’études et dans leur début de vie active. Elle révèle deux schémas de circulation sur le territoire. Pour les diplômés du supérieur long, l’Île-de-France reste au cœur des mouvements migratoires constituant un pôle d’attraction à la fois en cours d’études et en phase d’insertion. Pour les diplômés issus de l’enseignement supérieur technologique ou professionnel court (BTS, DUT, licence professionnelle), les migrations sont beaucoup moins polarisées.

L’enseignement supérieur long comporte une offre spatialement très concentrée et génère de nombreuses mobilités à la fois en amont et en aval. 49% des diplômés de niveau bac +5 ou plus ont quitté la région où ils avaient obtenu leur bac, pour finir leurs études ailleurs. Trois ans plus tard, 44% résident dans une autre région que celle où ils ont obtenu leur diplôme et 41% de ces migrants vont en Île-de-France. Le solde de toutes ces migrations permet ainsi à cette région d’alimenter substantiellement les effectifs de jeunes très diplômés, avec un apport de +29% en cours d’études et de +33% encore en phase d’insertion. L’Île-de-France est la seule région à être « doublement attractive ». Disposant d’une offre de formation de l’enseignement supérieur abondante dans les plus hauts niveaux et très attractive dans de nombreux domaines, elle concentre une bonne partie des emplois de cadres. En sens inverse, la majorité des autres régions voient partir plus de jeunes diplômés du supérieur long en phase d’insertion qu’elles n’en voient arriver. Parmi elles, les grandes régions métropolitaines Nord-Pas-de-Calais, Midi-Pyrénées, Paca, Rhône-Alpes et Languedoc-Roussillon se révèlent ainsi « uniquement attractives en cours d’études ». Mais d’autres, comme la Bourgogne, apparaissent « doublement déficitaires », perdant à la fois des bacheliers poursuivant leurs études ailleurs et des diplômés après la fin de leur formation supérieure. Enfin, quelques régions comme la Picardie, la Champagne-Ardenne, la Franche-Comté et le Centre, sont « uniquement attractives pour l’insertion ». Dans certains cas, on y observe un effet « retour à la région du baccalauréat » (particulièrement en Franche-Comté). Dans d’autres (Picardie) la proximité de l’Île-de-France permet à de jeunes actifs d’y résider tout en occupant un emploi dans la capitale.

En ce qui concerne les diplômés du supérieur court professionnel et technologique, les changements de région sont moins fréquents : environ un quart des jeunes changent de région, en cours d’études comme en phase d’insertion. Les mouvements des jeunes sont moins polarisés et moins lointains. La première destination des migrants du supérieur court est presque toujours une région limitrophe. Aucune région n’est « doublement attractive », certaines se révélant formatrices et d’autres seulement attractives en phase d’insertion. L’Auvergne et la Bourgogne apparaissent, comme pour le supérieur long, doublement déficitaires. Mais la fusion des régions les amène à s’inscrire désormais dans des ensembles géographiques moins déséquilibrés. Cette étude invite au final à penser les cartes de formation au regard des interdépendances entre régions, même à l’issue de leur regroupement récent. Les données mobilisées sont antérieures à la réforme territoriale et l’analyse a été faite sur les 21 régions métropolitaines (hors Corse). Ce découpage, qui reste très proche de celui des académies,permet de repérer certains déséquilibres qui n’apparaissent plus au niveau des régions fusionnées.

Pour en savoir plus : Bref n°347 – Mobilités interrégionales de jeunes diplômés du supérieur : qui forme pour qui ? Mélanie Vignale, Céreq. Bref + pour les données complémentaires. 

Télécharger le communiqué de presse au format CPBREF347MOBILITES.

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