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AEF

L’insertion professionnelle des docteurs "continue de s’améliorer lentement" (étude du Céreq)

Par René-Luc Bénichou
Paris, le 25/01/2016 17:29:00
Dépêche n°514298

"Après trois ans de vie active, les docteurs diplômés en 2010 ont un taux de chômage de 9 %", constate le Céreq dans une étude sur "L’Insertion à trois ans des docteurs diplômés en 2010 – résultats de l’enquête Génération 2010, interrogation 2013", parue mi-décembre 2015. Rappelant que ce taux de chômage "atteignait 11 % pour les docteurs diplômés en 2001", l’auteur de l’étude, Julien Calmand, observe ainsi que l’insertion des docteurs "continue de s’améliorer lentement". Selon lui, les explications tiennent à "l’effort de R & D croissant en France" et aux "mesures en faveur de l’insertion des docteurs". Toutefois, cette baisse du chômage s’accompagne parallèlement d’une hausse de la proportion des emplois à durée déterminée trois ans après l’obtention de la thèse : "32 % pour les sortants de 2010", soit "huit points de plus que pour les sortants 2001".

"Les docteurs sont, avec les ingénieurs et les diplômés de la santé et du social, les seuls diplômés  de  l’enseignement  supérieur  épargnés  par  la  progression  du  chômage", observe Julien Calmand, auteur d’une étude du Céreq sur "L’Insertion à trois ans des docteurs diplômés en 2010", publiée en décembre 2015. "En outre, les docteurs ont, pour la deuxième enquête 'Génération' consécutive, un taux de chômage moins élevé que celui des diplômés de master universitaire", relève-t-il (lire sur AEF). 

Figure Céreq  AEF

@Céreq

Le taux de chômage des docteurs trois ans après la soutenance de la thèse, qui s’établit à 9 %, en amélioration par rapport aux précédentes enquêtes, varie en fonction des disciplines. "Les diplômés de doctorat en chimie, SVT [sciences de la vie et de la Terre] et en lettres ont eu le plus de difficultés lors de leurs premières années de vie active", quand "à peine 4 à 6 %" des docteurs en sciences de l’ingénieur, informatique, électronique,  mathématiques  et  physique  ont  connu  des  "épisodes  de  chômage  de longue durée".

LES AUTRES PRINCIPALES CONCLUSIONS DE L’ENQUÊTE

2,4 mois pour accéder au premier emploi

Ce délai moyen est "inférieur à celui des diplômés de M2 (2,8 mois) ou des écoles de commerce (2,9 mois), mais légèrement supérieur à celui des diplômés d’écoles d’ingénieurs (1,8 mois)".

67 % des premiers emplois sont des CDD. "Les expériences dites de post-doctorat jouent un rôle spécifique dans le processus d’accès à un emploi stable dans la recherche publique", rappelle Julien Calmand. Elles expliquent que "le premier emploi des docteurs est de ce fait très souvent à durée déterminée (67 %)", dans une proportion supérieure à celles des diplômés de M2 (57 %), des écoles de commerce (41 %) et des écoles d’ingénieurs (34 %). Le secteur d’emploi a une influence sur la part des CDD : "Trois ans après la soutenance de thèse, seulement 53 % des docteurs occupent un emploi permanent dans la recherche académique, alors que le pourcentage s’élève à 88 % dans la recherche privée."

Un salaire mensuel net médian de 2 200 euros. La part des emplois de niveau cadre trois ans après la thèse est de 93 %, "marquant une véritable reconnaissance de la qualité de la formation reçue", note le Céreq. "En outre, avec un salaire médian de 2  200  euros  nets  mensuels,  cette  reconnaissance  s’accompagne  d’un  niveau  de rémunération substantiellement plus élevé (15 %) que celui d’un diplômé de master" et "légèrement inférieure à celles des diplômés de grandes écoles" (-6,5 % par rapport aux  ingénieurs et -4 % par rapport aux commerciaux). Le Céreq souligne qu’en mathématiques-physique, sciences de l’ingénieur, informatique-électronique et "même en droit et sciences économiques", la rémunération nette médiane des docteurs, comprise entre 2 300 euros et 2 400 euros, fait "jeu égal avec les diplômés d’écoles d’ingénieurs et de commerce" (lire sur AEF).

Figure Céreq AEF

@Céreq

L’avantage salarial du doctorat sur le master ne joue pas en lettres et en SHS. "La valorisation du diplôme de doctorat, au regard d’un diplôme de master dans la même discipline, […] se révèle beaucoup plus délicate pour les diplômés de lettres et surtout de SHS", observe le Céreq. Ainsi, "près de 30 % des docteurs en SHS ont un salaire inférieur au salaire médian des diplômés de master dans la même discipline", alors que "ce n’est le cas que de 14 % des docteurs en maths-physique ou en informatique- électronique". Et dans les disciplines comme la chimie et les SVT, "pourtant caractérisées par un "accès à l’emploi difficile", le pourcentage de docteurs ayant un salaire médian inférieur à celui des masters est respectivement de 6 % et de 12 %.

Biologie : baisse des débouchés en recherche

Depuis la précédente enquête, "la biologie est le secteur disciplinaire où les évolutions sont les plus notables", souligne Julien Calmand : "Les débouchés dans des emplois de recherche diminuent dans les deux secteurs, public et privé, conduisant les docteurs à devoir se diriger dans des emplois en dehors de la recherche".
En mathématiques, physique et chimie, la part des débouchés en recherche publique diminue, mais est compensée par "des débouchés croissants dans la recherche privée".
Une évolution inverse se produit en lettres et en SHS : "Ce sont les débouchés dans le segment public qui tendent à s’accroître en proportion, dans la recherche comme en dehors, tandis que l’accès à des emplois dans le secteur privé diminue singulièrement."

La  recherche  publique  est  toujours  le  premier  débouché  des  docteurs.  "La recherche publique constitue le débouché le plus important des docteurs diplômés en 2010 (48 %)." Viennent ensuite la recherche privée (19 %) et les activités hors recherche dans le privé (17 %) et le public (15 %). Cet équilibre de la répartition des débouchés est "quasiment inchangé depuis la précédente enquête" sur les diplômés de 2007, souligne le Céreq.

Entre un tiers et la moitié des docteurs des SHS ne font pas de recherche. Publique ou privée, la recherche constitue "plus des trois quarts des débouchés" des docteurs en sciences dites "dures". "La proportion est cependant un peu plus faible pour les sciences de la vie et de la Terre", nuance le Céreq, puisque "seuls deux tiers des doctorants accèdent à un emploi dans la recherche". Les disciplines des lettres, du droit, des sciences économiques, de gestion et des SHS sont quant à elles caractérisées par "une proportion considérable de docteurs (entre un tiers et la moitié) qui exercent en dehors de la recherche".

Les docteurs de la R & D privée sont les "mieux lotis". Ces docteurs "sont les mieux rémunérés, le plus souvent stabilisés dans un emploi à durée indéterminée et les plus satisfaits de leur emploi". A contrario, "les docteurs en emploi dans le public hors recherche sont ceux qui ont les situations les moins favorables", en termes de rémunération, de stabilité de l’emploi ou de satisfaction professionnelle. "Dans le public en général, note le Céreq, […] les docteurs ont le sentiment d’être mal rémunérés" et "ceci est particulièrement prégnant dans la recherche académique (44 %)".

La  recherche  publique  est  toujours  le  premier  débouché  des  docteurs.  "La recherche publique constitue le débouché le plus important des docteurs diplômés en

2010 (48 %)." Viennent ensuite la recherche privée (19 %) et les activités hors recherche dans le privé (17 %) et le public (15 %). Cet équilibre de la répartition des débouchés est "quasiment inchangé depuis la précédente enquête" sur les diplômés de 2007, souligne le Céreq.

 

Entre un tiers et la moitié des docteurs des SHS ne font pas de recherche. Publique ou privée, la recherche constitue "plus des trois quarts des débouchés" des docteurs en sciences dites "dures". "La proportion est cependant un peu plus faible pour les sciences de la vie et de la Terre", nuance le Céreq, puisque "seuls deux tiers des doctorants accèdent à un emploi dans la recherche". Les disciplines des lettres, du droit, des sciences économiques, de gestion et des SHS sont quant à elles caractérisées par "une proportion considérable de docteurs (entre un tiers et la moitié) qui exercent en dehors de la recherche".

 

Les docteurs de la R & D privée sont les "mieux lotis". Ces docteurs "sont les mieux rémunérés, le plus souvent stabilisés dans un emploi à durée indéterminée et les plus satisfaits de leur emploi". A contrario, "les docteurs en emploi dans le public hors recherche sont ceux qui ont les situations les moins favorables", en termes de rémunération, de stabilité de l’emploi ou de satisfaction professionnelle. "Dans le public en général, note le Céreq, […] les docteurs ont le sentiment d’être mal rémunérés" et "ceci est particulièrement prégnant dans la recherche académique (44 %)".

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