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N°2 – Accompagner les petites entreprises et leurs dirigeants pour plus de  formation

L’investissement des entreprises dans la formation continue diminue avec leur taille (voir fiche n°1). Il n’y a pourtant pas de fatalité. Dans les plus petites, de 10 à 19 salariés, d’autres facteurs ont une influence sur les taux d’accès : l’appartenance à un groupe (cf. illustration 1), une part d’emplois qualifiés plus importante qu’en moyenne, ou encore le niveau de diplôme du dirigeant (cf.illustration 1). Le secteur d’activité semble, quant à lui, avoir peu d’influence.

 

Le regard que porte le chef d'entreprise sur la formation s'avère en effet primordial. Une information et un accompagnement adaptés semblent être les moyens les plus efficaces pour favoriser la formation dans les petites entreprises. 

Le chef d’entreprise, moteur du recours à la formation dans les petites entreprises

La relation du chef d’entreprise à la formation explique en grande partie l’intensité du recours à la formation dans son entreprise. Un dirigeant ayant expérimenté la formation pour lui-même est plus enclin à favoriser la formation des salariés. L’impact du niveau de diplôme du dirigeant est tangible : alors que 42 % des entreprises de 10 à 19 salariés dont le dirigeant n’a pas de diplôme sont formatrices, le taux passe à 83 % quand il est titulaire d’un diplôme de niveau bac+3 ou plus. (cf. illustration 2)

L’appartenance du chef d’entreprise à des réseaux, la recherche d'informations auprès des chambres consulaires ou des représentants de la branche ont également un impact sur le recours à la formation.

Pour sensibiliser les dirigeants, des « accompagnateurs » sont nécessaires

La part d’entreprises formatrices et l’accès des salariés à la formation dépendent ainsi largement de l’accompagnement dont bénéficie le dirigeant. Quel que soit le type d'organisme sollicité pour cet accompagnement, à l'exception de l'expert-comptable, l'impact sur le taux d'accès des salariés à la formation est sensible (cf. Illustration 3A et 3B). Il gagne jusqu’à 15 points quand une entreprise de moins de 20 salariés s’adresse à un consultant pour des conseils sur la mise en place d’une politique de formation.

A lire : Le dispositif d'enquête Defis, un nouveau regard sur la formation en entreprise, Jean-Marie Dubois, Isabelle Marion-Vernoux, Edmond Noack, Céreq Bref n°344.

 

Selon la nature de ces « accompagnateurs », les entreprises recherchent des services différents : définition des besoins de formation, identification des compétences et des qualifications, construction du plan de formation, conseil en ingénierie financière ou juridique ou financement des formations à mettre en place.

Explicitement missionnés par les partenaires sociaux et les pouvoirs publics pour pallier le manque de ressources internes dédiées à la formation dans les plus petites entreprises, les OPCA ne sont sollicités que par 33 % des entreprises de 10 à 19 salariés. Lorsqu’il s’agit d’obtenir un label qualité ou de favoriser les mobilités des salariés, les consultants sont privilégiés, parfois en lien avec les OPCA qui, pour certains d’entre eux, proposent à leurs entreprises adhérentes une liste de consultants sur le registre de l’accompagnement RH. Faire appel à un consultant est également plus fréquent lorsque le chef d’entreprise ou le salarié chargé de la gestion du personnel participent à un réseau ou une association d'entrepreneurs ou de DRH. Un tiers des petites entreprises se tournent également vers les organismes de formation, plus spécifiquement dans l’objectif de réaliser une action de formation précise.

Le rôle de l’expert-comptable dans les petites entreprises doit être néanmoins souligné. Interlocuteur privilégié du chef d’entreprise sur les registres administratifs et financiers, est-il le mieux placé lorsqu’il s’agit des questions relatives à la gestion des ressources humaines et à la formation ? Si 20 % des entreprises de 10 à 19 salariés déclarent avoir fait appel au cours des trois dernières années à leur expert-comptable pour obtenir des conseils sur leur politique de formation, force est de constater que l’effort de formation n’est pas plus élevé lorsque l’entreprise le sollicite.

Plusieurs recommandations émanent de ces constats :

  • Favoriser l’accès des chefs d’entreprise à l’information sur la formation ;
  • Promouvoir l’accès à la formation continue des chefs des petites entreprises ;
  • Former et informer les experts-comptables, relais privilégiés du chef d’entreprise ;
  • Favoriser les coopérations entre les différents types d’accompagnateurs (OPCA, consultant, organisme de formation…) ;
  • Renforcer le rôle d’interface des OPCA auprès des autres types d’accompagnateurs pour mieux articuler développement de la formation professionnelle à la stratégie de l’entreprise. 

 

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