Le Céreq engage une étude sur la place des juniors et des seniors dans les PME et leur accès à la formation. L’étude combine une approche quantitative et des entretiens auprès de dirigeants de PME.  Ce dernier volet vise à mieux comprendre la spécificité de la gestion des âges dans ces entreprises et à repérer les bonnes pratiques au sein d’organisations apprenantes.

 

Ce sont les PME qui insèrent le plus de jeunes en premier emploi en France. Elles jouent également un rôle privilégié dans le maintien en activité des travailleurs âgés. Ainsi n’est-il pas rare d’observer dans ces entreprises la coexistence d’un segment de salariés anciens depuis au moins 10 ans et de salariés beaucoup plus jeunes, très mobiles, que les PME et notamment les TPE ont du mal à retenir.

Dans le contexte de vieillissement de la population active, les questions relatives à l’attractivité des PME et à la fidélisation de leurs salariés s’en trouvent reposées.

Certaines de ces entreprises souffrent de conditions de travail difficiles ainsi que d’un déficit d’image comme le confirment les difficultés récurrentes de recrutement qu’elles rencontrent.

En outre, les données du Céreq montrent que les salariés des PME accèdent beaucoup moins que ceux des grandes entreprises à la formation professionnelle continue, les seniors en particulier. Or, permettre aux individus de faire valoir leurs compétences et de les améliorer grâce notamment à la formation tout au long de la vie est une dimension importante de la qualité de l’emploi.

 

A partir de nos travaux qualitatifs sur les petites entreprises, il s’agira de vérifier à travers les enquêtes DIFES/2 et CVTS4 certaines hypothèses concernant :

1) la spécificité des PME en matière de gestion des ressources humaines ;

2) l’existence de plusieurs configurations productives au sein de ces entreprises débouchant sur des pratiques de formation beaucoup plus diverses que ne le laissent présager la statistique officielle ; 

3) l’existence de pratiques de formation différentes selon l’âge et l’ancienneté dans l’entreprise. Il s’agira également de repérer la place qu’occupent les jeunes et les seniors dans ces entreprises, leurs conditions d’emploi et de travail respectives, leurs marges d’autonomie, leur appréhension des changements organisationnels, leurs perspectives de carrière et, bien sûr, les formations dont ils bénéficient.

 

Cette approche quantitative sera complétée par un certain nombre d’entretiens auprès des chefs d’entreprises de moins de 50 salariés avec un double objectif :

-        Repérer des « bonnes pratiques » ayant permis l’introduction, la formalisation et/ou la diversification des actions de formation au sein des petites entreprises. Identifier et enquêter les petites entreprises fonctionnant comme des « organisations apprenantes » (forte intégration de la formation au travail, formalisation d’une pédagogie du dysfonctionnement, amélioration des conditions de travail, etc.) ;

-        Analyser les spécificités de la gestion des âges dans les PME. Les démarches de transfert des savoirs d’expérience seront tout particulièrement étudiées, de manière notamment à préciser voire à compléter la liste des pratiques formatrices retenues dans l’enquête CVTS.

 

Cette étude s’achèvera en décembre 2016.

 

Contact : Elyes Bentabet

 

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