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Quand les bacheliers reprennent le chemin des diplômes …

Quand les bacheliers reprennent le chemin des diplômes …

Le choix d’arrêter ses études deviendrait-il de plus en plus réversible en France ? Reprendre le chemin d’une formation qualifiante est  moins rare en particulier pour les jeunes bacheliers. Parmi les sortants en 2010, 30% des bacheliers ont repris des études ou une formation dans les trois années qui ont suivi. Une proportion qui a doublé depuis la fin des années 90. Cette évolution ne reflète pas uniquement un comportement de repli face à une conjoncture d’emploi difficile. Les diplômes obtenus ne relèvent pas tous de l’enseignement supérieur mais ils sont presque toujours à vocation professionnalisante.

Les enquêtes Génération ont permis de mesurer l’importance de ces retours vers les formations, et d’analyser un phénomène jusqu’à présent peu étudié en France : l'obtention différée d'un diplôme par des jeunes sortis de formation initiale avec le seul baccalauréat.

 

En 2011, sept ans après leur sortie de formation initiale, 25% des jeunes bacheliers de 2004, avaient obtenu un nouveau diplôme. Ces retours en formation débutent de façon précoce, dans les trois premières années avant de se raréfier progressivement. Moins de 60% des diplômes obtenus par ces bacheliers relèvent de l’enseignement supérieur, plus d’un cinquième sont de niveau baccalauréat, fréquemment des brevets professionnels ou des baccalauréats professionnels voire des CAP-BEP… Derrière ces retours en formation, diverses formes de réorientation sont à l’œuvre : 26% des diplômes obtenus sont d’une spécialité proche ou identique de la formation initiale. Les spécialités du social et de la santé sont très représentées, un quart des diplômes obtenus. Perçues comme prometteuses en termes d’insertion professionnelle, ces formations peuvent faire l’objet de financement pour les jeunes en situation de chômage. Cependant, près des trois quarts des bacheliers concernés n’ont pas connu de situation de chômage. L’expérience du marché du travail joue ainsi  un rôle dans le choix de ces retours précoces en formation.  

L’alternance est une modalité importante de retour aux études : avec un tiers de diplômes post-initiaux obtenus par cette voie, elle concerne en proportion deux fois plus de parcours qu’en formation initiale. Un cinquième des diplômes sont obtenus à l’issue de formations délivrées par l’AFPA, le GRETA, d’autres organismes de formation de ce type ou bien obtenus par des reprises d’études moins classiques (à distance, en cours du soir, par autoformation…). 

Les bacheliers d’origine modeste semblent avoir moins de chances que ceux d’origine favorisée à obtenir des diplômes après la formation initiale. L’origine sociale continue donc de moduler les chances d’accéder à un nouveau diplôme, surtout dans le supérieur, et en particulier en alternance. Ces contrats en alternance sont avant tout des contrats de travail et ils sont prisés. C’est probablement à ce titre qu’ils opèrent des formes de sélection à l'entrée plutôt défavorables aux jeunes issus de milieux populaires. Quant aux jeunes bachelières, leur forte propension à se former et obtenir des diplômes ne se dément pas. L’accès aux diplômes des jeunes bacheliers après la formation initiale reste donc tributaire d’inégalités scolaires, sociales et sexuées. 

De manière plus probante lorsqu’il s’agit de diplômes du supérieur que pour des diplômes du secondaire, cette acquisition différée de diplômes semble bien améliorer à terme la situation vis-à-vis de l’emploi de ces sortants bacheliers. 

Faire connaître et faciliter, après une expérience d’une à quelques années sur le marché du travail, la possibilité des retours en formations diplômantes constitue un enjeu, à côté de la lutte contre le décrochage dans l’enseignement supérieur.

Auteure : Virginie Mora

Bref n°325  –   Quand les bacheliers reprennent le chemin des diplômes – novembre 2014 

Net.Doc n°127 – novembre 2014-  Quand les bacheliers reprennent des études. Qui, pourquoi, comment, quels effets sur l’insertion ?

Télécharger le communiqué presse au format PDF : Quand les bacheliers...

Service presse : Marie Christine Antonucci – servicepresse@cereq.fr – 04 91 13 28 94

 

 

 

 

 

 

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