Décrocher un diplôme, une deuxième chance

pour l’insertion des non-diplômés ?

 

Lorsqu’elles décrochent un diplôme en début de vie active, les filles semblent en tirer un bénéfice bien plus important que les garçons. C’est ce que révèle cette dernière étude du Céreq focalisée sur les jeunes sortis sans diplôme du système éducatif. 

Les difficultés des jeunes non diplômés sur le marché du travail sont accentuées par la crise. En  France,  les pouvoirs publics ont pour ambition, d’ici à 2020, de réduire  à moins de 9,5% la part des jeunes 18-24 ans en dehors de tout système de formation et sans diplôme du secondaire.

L’enquête Génération 2004  à 7 ans décrit les parcours des jeunes ayant quitté le système éducatif en 2004.  Elle a permis de repérer les jeunes ayant acquis un diplôme au cours de ces 7 années suivant leur sortie.  Un quart des sortants non-diplômés ont acquis un diplôme au cours de cette période. Dans 6 cas sur 10, le diplôme obtenu est un diplôme professionnel de niveau V.

Les résultats  sont très contrastés entre hommes et femmes.  Mais, ce sont les jeunes femmes qui semblent en tirer un bénéfice substantiel.

La situation professionnelle des filles apparaît nettement améliorée suite à l’acquisition d’un diplôme. Plus souvent en emploi, elles occupent des postes plus qualifiés et mieux rémunérés sept années après leur première sortie du système éducatif. 

Chez les hommes, les diplômés ont 1,2 fois plus de chances d’accéder à un emploi qualifié mais cela ne se traduit nullement par une reconnaissance salariale ; leur probabilité d’être hors de l’emploi n’est pas significativement réduite. L’acquisition d’un diplôme n’améliore pas leur accès à l’emploi.  

Ces différences hommes/femmes pourraient s’expliquer par une segmentation particulièrement sensible des emplois occupés par les unes et les autres. En effet, les femmes s’orientent en proportion importante vers des emplois réglementés du secteur sanitaire et social. Il est donc possible que, pour elles, le diplôme soit un critère qui conditionne plus souvent l’accès à l’emploi. Pour les hommes, on peut penser que cet accès dépend d’autres facteurs qu’un diplôme de niveau V. Il reste que ce résultat plutôt surprenant demande à être approfondi.

Ces résultats incitent  donc à bien identifier les conditions dans lesquelles l’acquisition d’un diplôme s’avère rentable.

 

Pour en savoir plus :

 

Bref n°329 – Décrocher un diplôme, une deuxième chance pour l’insertion des non-diplômés ? - Décembre 2014

Auteures : Céline Goffette, Isabelle Recotillet

CP Jeunes non-diplômés

 

Contact presse : Marie Christine Antonucci – servicepresse@cereq.fr – 04 91 13 28 94 

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