L’appui des branches professionnelles aux entreprises : trois logiques d’action

Télécharger le dossier de presse au format PDF : 

 

Le rôle des branches professionnelles tend à s’élargir et notamment en matière de politiques de formation. Quels soutiens apportent-elles aux entreprises ?  Anticipation de l’évolution des métiers des qualifications et des compé­tences, politique de formation et de déve­loppement professionnel des salariés, poli­tique de certification, accompagnement des TPE-PME, développement de la gestion pré­visionnelle des emplois et des compétences (GPEC), telles sont les missions d’appui précisées par l’accord national interprofessionnel (ANI) du 14 décembre 2013.

Le Céreq a conduit des investigations dans trois branches : la chimie, l’industrie et le commerce de récupération et la restauration rapide. Les résultats de cette étude, commanditée par la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle,  illustrent la diversité des politiques mises en œuvre, en lien avec le contexte et les choix stratégiques opérés dans chaque branche. Ils mettent en lumière le rôle et les modes de fonctionnement des instances paritaires (CNEFP, OPCA, OPMQ).

 

Trois branches : trois logiques d’action  Les auteurs ont observé trois modalités distinctes d’intervention. La première témoigne d’une dynamique anticipatrice des problématiques de gestion des compétences et des mobilités inter et intra branche ; c’est le cas dans la branche des industries chimiques qui est confrontée à une restructuration de son appareil productif depuis plusieurs décennies. La formation professionnelle y est perçue comme un levier déterminant de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation des parcours. L’investissement des organisations syndicales et patronales se matérialise par une action volontariste. L’outillage en matière de formation est structuré et régulièrement révisé. La deuxième configuration répond à des enjeux de professionnalisation, tant de la fonction RH des entreprises – notamment des PME – que des salariés. C’est la situation observée dans une branche jeune et en croissance : celle  de la branche des industries et du commerce de la récupération. Elle doit faire face à une nécessaire adaptation des métiers du tri et du recyclage aux évolutions techniques et aux nouvelles contraintes en matière d’environnement. L’activité des instances vise à favoriser l’attractivité de la branche vis-à-vis des jeunes diplômés mais aussi la reconnaissance des qualifications acquises sur le tas par les salariés. Comme dans la chimie, la formation joue un rôle stratégique, mais elle vient buter sur la faible structuration de l’offre. La priorité a donc été donnée dans ce cas à la structuration de l’appareil de formation.
 

La troisième configuration illustre le choix prioritaire des acteurs de branche d’aider les entreprises à adapter les salariés au pro­cess de travail dans un contexte de rotation importante des effectifs. C’est le cas de la branche de la restauration rapide, où la po­litique emploi-formation s’inscrit dans une logique générale de subsidiarité, consistant à laisser les entreprises libres de développer leurs propres outils. Les grandes enseignes développent leur propre politique de formation : organismes de formation « maison », certifications uniquement reconnues en interne... L’autonomie des entreprises limite l’intervention de branche en matière de formation.
 

Si de plus en plus de branches entendent développer une fonction de services auprès des entreprises, la question du recours effectif à ces services par les entre­prises elles-mêmes mérite aussi d'être étu­diée. Quoi qu'il en soit, cette diversité des dynamiques, illustrée ici, est à prendre en compte dans un débat sur l’opportunité et les modalités d’un regroupement signifi­catif des branches.

 

Pour en savoir plus :

Bref n°338–L’appui des branches professionnelles aux entreprises : trois logiques d’action

Auteur-e-s : Alexandra d’Agostino, Maël Dif-Pradalier, Nathalie Quintero, Céreq. Septembre  2015

Net.Doc, n° 135, 2015, - 140 p. Diversité des branches professionnelles en matière de politiques d'emploi et de formation ; - Auteur-e-s : Alexandra d'Agostino, Maël Dif-Pradalier, Nathalie Quintero

Télécharger le dossier de presse au format PDF : 

 Contact presse : Marie-Christine ANTONUCCI  servicepresse@cereq.fr –  antonucci@cereq.fr      04 91 13 28 94

Haut de page