Évolutions de l’apprentissage : entre mutations structurelles et effets régionaux

 

L’apprentissage contribue à faciliter la transition de l’école à l’emploi. Il peut constituer également un mode d’accès à la qualification pour des jeunes en difficulté dans l’environnement scolaire. Cette conviction, étayée par diverses études, nourrit les acteurs publics qui mettent en œuvre des politiques incitatives. Le Céreq a analysé  les évolutions de l’apprentissage depuis 1997 ; cette étude est basée sur l’exploitation des données de la base REFLET du Céreq (Regards sur le flux de l’enseignement technologique et professionnel), et de celles de la  BCP (banque centrale de pilotage – MEN DEPP).

Trois grandes tendances marquent les évolutions de l’apprentissage. Sa progression dans les différents métiers est hétérogène. À l’exception des métiers du bâtiment dans leur ensemble, la progression de l’apprentissage n’a pas ou très peu profité à son périmètre métier d’origine. Il a plutôt régressé dans les métiers de l’alimentation, de l’hôtellerie ou de la mécanique automobile. Une deuxième grande tendance est à souligner : celle de l’élévation du niveau de recrutement des apprentis. Le niveau de formation à l’entrée en apprentissage s’est élevé de deux manières. Les nouveaux métiers préparés en apprentissage recrutent à minima des bacheliers (comptabilité, secrétariat, banque, informatique,…). Dans nombre de métiers préparés traditionnellement en apprentissage, les apprentis sont désormais recrutés plus souvent pour préparer un baccalauréat ou un brevet professionnel (mécanique automobile, pharmacie) ou sont en cours de glissement vers ce niveau (coiffure, commerce, hôtellerie)… Dans l’enseignement supérieur, le tertiaire administratif recrute des apprentis pour préparer un BTS et les licences professionnelles créées en 2000 ; elles connaissent un vif succès auprès des employeurs : un quart des effectifs inscrits en licence professionnelle réalisent leurs cursus en apprentissage. Une autre tendance marquante : de nouveaux métiers peuvent être préparés en apprentissage au premier niveau de qualification comme les métiers du travail social, du transport et de la logistique et aussi dans les  services à la collectivité.

Entre 1997 et 2008, l’étude souligne la progression de l’apprentissage mais avec une expansion très variable selon les régions. Les structures de l’offre d’apprentissage par niveau et spécialité de formation sont différentes d’une région à l’autre et cela explique la moitié des disparités régionales d’évolution. Mais aux côtés de cet « effet structurel », peut apparaître un une composante régionale propre.  En Ile-de-France ou Rhône-Alpes, le dynamisme propre provient de la conjonction d’une collecte abondante de taxe d’apprentissage due à la présence de nombreux sièges sociaux d’entreprises et d’un engagement stratégique très affirmé des conseils régionaux ; cet engagement est également présent dans les Pays de la Loire. Néanmoins, dans la plupart des autres régions, les causes du dynamisme ou de l’atonie relative de l’apprentissage restent encore mal identifiées.

Entre 2008 et 2011,  l’apprentissage résiste bien à la crise, mais subit les effets de la rénovation de la voie professionnelle. En 2008, la progression régulière des effectifs de l’apprentissage s’interrompt. Sans plus. Face à la crise et aux destructions massives d’emplois le nombre d’entrées en apprentissage est peu affecté : 299 000 contrats signés en 2008, 288 000 en 2009 et de nouveau 295 000 en 2011. Il a certes bénéficié de bonifications fiscales exceptionnelles sur la période, mais ces mesures concernaient également les contrats de professionnalisation, qui, en proportion ont été plus affectés. Cette résilience est d’autant plus étonnante qu’au cours de la même période il a dû faire face à un second choc important : la rénovation de la voie professionnelle qui supprime le BEP et généralise l’accès direct au bac professionnel en trois ans.

Pour en savoir plus : Bref n°314 – Évolutions de l’apprentissage : entre mutations structurelles et effets régionaux.  Jean-Jacques Arrighi et Valérie Ilardi - Septembre 2013

 

Cette étude fera l’objet d’une présentation au cours de la 3éme Biennale Emploi-Formation-emploi du Céreq à Paris , ce jeudi 19 septembre 2013 (après-midi). 

 

Lire le communiqué presse au format PDF : Évolutions de l’apprentissage : entre mutations structurelles et effets régionaux

Contact presse : Marie-Christine ANTONUCCI – servicepresse@cereq.fr  - 04 91 13 28 94

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