Femmes dans des « métiers d’hommes » 

 

Comment les femmes intègrent-elles les bastions masculins de l’entreprise tels que les métiers techniques, l’ingénierie ou l’encadrement ? Dans certaines entreprises, les évolutions technologiques et stratégiques conduisent à une réorientation de certains métiers vers des activités de service. Dans ce contexte, la féminisation est alors considérée comme un atout face aux nouvelles exigences relationnelles et commerciales de l’activité. En dépit des accords d’entreprise sur l’égalité professionnelle, la grande majorité des femmes doit faire face à de fortes résistances. Les résultats de l’étude qualitative menée par le Céreq auprès d’une grande entreprise française illustrent la diversité des difficultés selon le métier exercé et le positionnement hiérarchique des femmes. 

Là, où les techniciennes pâtissent d’abord d’un déni de légitimité, les femmes cadres, hautement qualifiées, sont face à des injonctions paradoxales…

 

Les techniciennes de terrain se heurtent à l’absence a priori de légitimité dans le domaine technique ; elles sont souvent confrontées au sexisme : mise à l’épreuve, manque de confiance, blagues, discussions à connotations sexuelles…etc. Engagées dans de métiers techniques, elles doivent s’adapter aux stéréotypes, aux codes et aux valeurs d’un environnement masculin. Elles sont confrontées à une double contrainte : maîtriser une gestualité « masculine » tout en démontrant leur appartenance à la catégorie femme.

 

Les ingénieures et les femmes exerçant des fonctions d’encadrement font face à d’autres désenchantements. Ces fonctions requièrent une forte implication. Dans certaines entreprises, la question du plafond de verre est liée à celle de la culture du changement. Les femmes éprouvent  plus durement que les hommes la nécessité de s’inscrire dans une mobilité professionnelle et souvent géographique.

Par ailleurs pour certains cadres, la tension entre temps de travail et temps de vie extra-professionnelle est forte. Pour certaines d’entre elles, la surcharge de travail, le poids des charges familiales, des temps de transports importants… peuvent rapidement leur rendre la vie impossible et les mener au burn-out et ce, en dépit d’une organisation sans faille.

Si des accords d’entreprise en faveur de l’égalité professionnelle sont parfois signés, ils ne suffisent pas à protéger les femmes du sexisme. Les entreprises doivent veiller à leur application sur le terrain, au plus près des collectifs de travail.

 

Auteurs : Alexandra d'Agostino, (Céreq), Dominique Epiphane (Céreq), Irène Jonas (Sociologue  indépendante), Fred Séchaud (Céreq),  Emmanuel Sulzer (Céreq).

Bref n°324  –   Femmes dans des « métiers d’hommes » : entre contraintes et déni de légitimité. Novembre 2014

Télécharger le communiqué de presse au format PDF : Femmes dans des "métiers d'homme"

  

Service presse : Marie Christine Antonucci – servicepresse@cereq.fr – 04 91 13 28 94

 

 

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