Formation continue des salariés en Europe

La formation continue des salariés reste un objectif politique majeur de l'Union européenne. A partir des enquêtes européennes Continuing vocational training survey, (CVTS), le Céreq  dresse un véritable panorama des pratiques de formation en Europe.  Les résultats montrent que les salariés européens sont plus nombreux à se former qu’il y a 10 ans. Les écarts entre pays ont tendance à se réduire au fil du temps, mais l’accès à la formation, son financement  et le type de formation suivie présentent encore de grandes disparités au sein de l’Europe. Les salariés français sont parmi les salariés européens qui se forment le plus souvent par cours et stages mais pas par autres types de formation.

 En 2010, 56 % des entreprises européennes ont formé au moins un de leurs salariés par cours et stages, et 53 % au moyen de l’un des cinq autres types de formation (formation en situation de travail – cercles d’enseignement – conférences-ateliers – autoformation – par rotation ou mobilité). Au total, les modalités de formation étant souvent combinées, 66 % des entreprises sont formatrices. En 2010, les entreprises européennes ont dépensé, pour la formation de leurs personnels, 1,6 % de leur masse salariale, la France se situant en haut de la distribution.

L’analyse des taux d’accès selon les modalités de formation permet de distinguer trois groupes de pays. Le premier groupe, pays de l’UE de l’ancien bloc de l’est (Croatie, Hongrie, Roumanie…), se distingue par une faible intensité de la formation. Dans ces pays « peu formateurs », la part d’entreprises formatrices (30 %) et le taux d’accès des salariés aux cours et stages (22 %) sont faibles. Ceci s'explique en partie par le poids des petites entreprises (entre 10 et 49 salariés), habituellement peu formatrices, dans l’économie de ces pays.

Par contraste, deux autres groupes de pays se détachent avec des pays fortement formateurs comme le Royaume Uni, la Suède ou encore l’Allemagne…La part des entreprises formatrices est élevée (68%). Dans ces pays polyformateurs, le taux d’accès des salariés aux cours et stages est élevé (44 %), et il l’est aussi – relativement à la moyenne – pour les formations en situation de travail (28 %) et les cercles d’enseignement et de qualité (17 %). Cette situation provient notamment de spécificités nationales. En Allemagne par exemple, le modèle d’apprentissage (système dual), favorable aux formations en situation de travail, reste une référence pour la formation continue en entreprise. Par ailleurs, dans de nombreuses branches, la mobilité professionnelle est conditionnée à des formations continues, ce qui pousse les entreprises à développer les actions de formation.

La France, l’Espagne, le Benelux et l’Italie font partie du groupe des pays mono-formateurs. Dans ces pays, la part d’entreprises formatrices pour les cours et les stages est élevée (60%) mais proche de la moyenne pour les autres types de formation. La France est emblématique de ce groupe de pays : la formation continue s’est construite sur un modèle scolaire valorisant les cours et les stages. L’obligation légale de financement de la formation continue par les entreprises les conduit à privilégier cette modalité, qui leur permet de s’acquitter au mieux de leur obligation de financement.

Dans les 17 pays pour lesquels l'évolution du recours à la formation peut être observée, la part d’entreprises formatrices, par le biais d'un type de formation ou d'un autre, a augmenté entre 1999 et 2010 : elle est passée de 58 % en 1999 à 61 % en 2005 et 64 % en 2010. Le taux d’accès des salariés à la formation par cours et stages a suivi le mouvement. Entre 1999 et 2010, les écarts entre pays se resserrent, tant sur la part d’entreprises formatrices que sur les taux d’accès des salariés. Ce rapprochement est sans doute à mettre en partie au crédit des politiques publiques encouragées par l’Union européenne en faveur de la formation continue des salariés des pays les moins formateurs (Fonds social européen, Fonds européen de développement régional).

Si l’accès des salariés à la formation continue varie sensiblement d’un groupe de pays de l’Union européenne à l’autre, les niveaux de recours à la formation tendent toutefois à converger : les pays les moins formateurs rattrapent les plus formateurs.

Les données présentées et analysées sont issues des vagues 1999, 2005 et 2010 de l’enquête CVTS. L’enquête a été conduite auprès des entreprises européennes de 10 salariés et plus du secteur privé et semi-public. La vague 2010 concerne les 27 pays membres de l’Union européenne et la Croatie. Pilotée par la commission européenne et Eurostat, elle est réalisée en concertation avec la DARES

Pour en savoir plus :

Bref n°312 –Formation continue des salariés en Europe : les écarts entre pays se réduisent encore. Juillet 2013
Auteur Jean-François Mignot (Céreq)

Télécharger le communiqué de presse au format PDF : Formation continue des salariés en Europe

 

Contact presse : Marie-Christine Antonucci – 04 91 13 28 94 – servicepresse@cereq.fr
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