Le devenir professionnel des docteurs, des trajectoires plurielles

 

Les trajectoires professionnelles des docteurs diplômés en 2010 sont très contrastées. Certes, au bout de cinq ans, une moitié d’entre eux sont parvenus plus ou moins rapidement à un statut stable dans la recherche, publique ou privée. Mais une autre moitié des docteurs se sont insérés hors de la recherche ou n’ont toujours pas une situation d’emploi stabilisée.  Leur taux de chômage en 2015, qui s’établit en moyenne à 7%, dépend fortement de leur discipline de formation. Si les docteurs diplômés en maths, physique-chimie ou en sciences de l’ingénieur et informatique font jeu égal avec les jeunes sortis d’écoles d’ingénieurs (respectivement 4% pour les docteurs et 5% pour les ingénieurs), la situation est nettement moins favorable pour les docteurs diplômés des autres disciplines.

 

L’analyse des cheminements professionnels des docteurs diplômés en 2010 durant les cinq premières années suivant leur thèse permet de dégager huit trajectoires types. Trois d’entre elles décrivent des parcours en lien avec la recherche publique, regroupant 42% des docteurs diplômés en 2010.  Deux rassemblent des débuts de carrière dans les emplois hors recherche de la fonction publique ; l’une, avec un accès rapide à l’emploi stable (8%) et l’autre sans statut stable dans ce secteur (6% des docteurs). Les deux types de trajectoire suivants se déroulent principalement dans le privé et comportent plus d’emplois stables (31% des docteurs). Quant à la huitième classe (13%), elle décrit des parcours professionnels marqués par l’éloignement et l’instabilité de l’emploi.

Au sein de la recherche publique,  la transition des emplois à durée déterminée vers un statut de titulaire est un phénomène progressif qui s’étale tout au long de la période. Dans le  secteur privé R&D ou hors recherche, en revanche, les docteurs ont un accès plutôt rapide à l’emploi stable.  Ces derniers  y bénéficient, en 2015, de meilleures conditions d'emploi et de rémunération mais se disent plus souvent employés en dessous de leurs compétences. Ceci interroge sur leur place dans les entreprises.

Les conditions de réalisation de la thèse ainsi que la discipline déterminent l’appartenance aux différentes trajectoires professionnelles. La situation des docteurs en sciences et vie de la terre (SVT) est particulièrement délicate. En 2015, ils sont plus souvent au chômage (12%), occupent plus fréquemment des emplois à durée déterminée et sont majoritairement dans les trajectoires marquées par une instabilité dans la recherche publique ou dans d’autres secteurs ou par l’absence d’emploi.

 

Ces résultats sont issus d’une étude menée par le Céreq en partenariat avec la sous-direction des systèmes d’information et des études statistiques (SIES) du MENESR. Elle s’inscrit dans le cadre du dispositif du Céreq Génération 2010, avec deux interrogations effectuées aux printemps 2013 et 2015.

 

Pour en savoir plus :

Bref n°354 – Les débuts de carrière des docteurs : une forte différenciation des trajectoires professionnelles.

Auteurs : Julien Calmand (Céreq-Iredu), Marie-Hélène Prieur (MENESR) Odile Wolber (MENESR/SIES)

(Également paru dans la collection « Les Notes d’information » du MENESR/SIES, n°17-06)

Céreq Etudes n°9– Les cinq premières années de vie active des docteurs diplômés en 2010. Résultats de l’enquête Génération 2010, interrogation 2015. Julien Calmand.  Avril 2017. 30 p.

 

Téléchargez le communiqué

Haut de page