Le poids des formations réglementaires dans les petites entreprises 

 

Deux ans après la réforme de la formation professionnelle de 2014, le dispositif d’enquêtes sur les formations et itinéraires des salariés (Defis), permet d’examiner sous un angle nouveau  les usages de la formation continue par les entreprises.Ce dispositif, initié par les partenaires sociaux dans le cadre du Conseil National d’Evaluations de la Formation Professionnelle (CNEFP) a été conçu par le Céreq. 4 500 entreprises du secteur privé ont été interrogées en 2015 dans le cadre du premier volet. Les premiers résultats mettent en exergue l’écart entre les grandes et petites entreprises selon leurs usages de la formation. Considérée comme un investissement stratégique pour leur développement par les unes, la formation permet principalement aux autres de s’acquitter de leurs obligations réglementaires.

 

Grâce cette nouvelle enquête, l’éventail des formations prises en compte s’est élargi et permet de mieux appréhender la signification des efforts de formation. Plus du tiers des entreprises de 10 à 19 salariés  finance principalement des formations répondant aux exigences réglementaires. Elles ne sont que 15 % dans ce cas lorsqu’elles emploient 2000 salariés et plus.

Dans les petites entreprises, la part prépondérante voire exclusive des formations obligatoires et réglementaires laisse donc peu de place aux formations liées aux investissements stratégiques. Ces formations sont également centrales dans certains secteurs d’activité comme les transports où 95% des entreprises dispensent des formations réglementaires, la moitié ne finançant que ce type de formation. C’est le cas aussi pour les entreprises des secteurs des industries extractives, de l’énergie, de l’eau, de la gestion de déchets et de la dépollution et de la construction. A contrario, pour les entreprises de 500 salariés et plus, accompagner les changements organisationnels, technologiques, est le principal objectif poursuivi.

Pour mettre en place leur politique de formation, les entreprises sollicitent les OPCA, Organisme Paritaire Collecteur Agréé, partenaires privilégiés mais aussi les organismes de formation et les consultants. Les entreprises entre 250 et 499 salariés et celles les plus outillées sur le registre de la formation sont celles qui recourent paradoxalement le plus aux OPCA pour les conseiller dans la mise en place de leur politique de formation. En effet, elles ont en interne les moyens humains pour nouer des relations. Ce n’est pas le cas des petites entreprises qui souhaitent avant tout  financer leurs formations obligatoires et réglementaires. Elles cherchent plus généralement le financement d’une action précise et non un conseil sur leur politique globale de formation. Elles font d’ailleurs autant appel aux OPCA qu’aux organismes de formation. Quant aux consultants, ils sont privilégiés par les entreprises dans le cas de formations destinées à obtenir un label de qualité.

Le développement des liens entre OPCA et petites entreprises, actuellement noués autour de la réalisation des  formations obligatoires, pourrait permettre de développer des politiques plus ambitieuses en matière de formation.

Ces premières analyses montrent la diversité des profils d’entreprises selon leurs usages de la formation. Mais que deviennent les salariés des différents types d’entreprise ? En observant leurs parcours sur cinq années, le dispositif apportera un éclairage original sur le rôle de la formation continue dans la sécurisa­tion des parcours professionnels.

 

Auteurs : Jean-Marie Dubois, Isabelle Marion-Vernoux, Edmond Noack

Ce bulletin  comporte un supplément numérique présentant des tableaux complémentaires et des résultats d’analyse économétriques. Ce supplément est téléchargeable sur le site

Téléchargez le communiqué au format PDF

Haut de page