Aides à l’insertion de l’université, à qui profitent-elles ?

Depuis 2007 et la loi d’autonomie des universités, dite « loi LRU », l’insertion professionnelle fait partie des  missions de l’université. Les dispositifs d’accompagnement des étudiants ont été davantage intégrés aux cursus universitaires. Les services dédiés déjà existants comme les Services Universitaires d’information et d’orientation ont été renforcés. Les bureaux d’aide à l’insertion professionnelle (BAIP), présents sur chaque campus et créés par la même loi, ont rendu plus lisible et ont concrétisé cette politique d’insertion. Mais à qui bénéficient ces aides à l’insertion ? Le Céreq par le biais d'un questionnement spécifique de l'enquête Génération 2010 permet de dresser un premier bilan sur la diffusion des aides à l'université en essayant d’apprécier les bénéfices retirés par les diplômés sur le marché du travail. Cette nouvelle étude montre que plus des deux tiers des diplômés de licence et master sortis de formation en 2010 ont bénéficié d’une ou plusieurs aides à l'insertion proposées par les universités. Plus de 80% d'entre eux les ont trouvées utiles. A l’issue d’une licence générale ou d’un master, les étudiants ayant bénéficié de ces dispositifs présentent une meilleure insertion.

 

Trois ans après la promulgation de la loi, les aides à l’insertion sont déjà largement diffusées : les aides pour trouver un stage et connaître les débouchés professionnels sont les plus fréquentes avec respectivement 39% et 38% des diplômés de licence et master bénéficiaires alors que seuls 19% ont été accompagnés pour identifier leurs compétences.

Les différences s’établissent ensuite entre diplômes et domaines de spécialités. Les étudiants de licence professionnelle sont les plus concernés. Les écarts sont sensibles avec les chiffres de la licence générale, diplôme au sein duquel les aides sont le moins répandues. L’écart atteint trente points pour l’aide à la réalisation de CV. Pour les licences professionnelles, le recours aux aides est le plus souvent plus élevé que pour le master ; il s’agit d’une spécificité historique, souvent diplômés de BTS ou DUT, ces étudiants sont déjà en partie socialisés au monde professionnel avec des stages longs à bac+2. De plus, les IUT et leurs enseignants disposent d’une certaine expérience en matière de relations avec le monde du travail.

Concernant les spécialités  de formations les disparités sont plus faibles entre les deux grands domaines de licence professionnelle (industriel et tertiaire) qu’entre les grands domaines communs aux licences générales et masters. Ainsi, pour les licences générales la part des bénéficiaires est moindre dans les domaines arts, lettres, langues et sciences humaines (LLSHS). Au niveau des masters, 51% des diplômés en sciences ont bénéficié d’un accompagnement, ils ne sont plus que 36% en ALLSHS et 42% en droit économie gestion. 

La situation à l’insertion des bénéficiaires des aides proposées par les universités est appréciée au regard de deux indicateurs : le taux d’emploi et le niveau de qualification. Tous diplômes confondus, les jeunes qui ont bénéficié des différentes aides présentent des taux d’emploi et de déclassement souvent nettement plus favorables que les jeunes non accompagnés.

Cependant, les dispositifs universitaires d’aide à l’insertion peinent à réduire les inégalités sociales. Les jeunes dont les parents ne sont pas diplômés de l'enseignement supérieur accèdent ou recourent moins aux aides que les jeunes d’origine plus favorisée. Même si les aides semblent avoir un impact favorable sur leur insertion, ils continuent à déboucher au final sur de plus faibles niveaux d'emploi.

Au vu de ces constats, la question est de savoir si les aides des universités doivent être proposées indifféremment à tous les étudiants, ou davantage ciblées en privilégiant des cursus, filières, ou des étudiants en théorie plus éloignés de l’emploi.

 

Pour en savoir plus : Bref 349 - A qui profitent les aides à l’insertion à l’université ? Septembre 2016 - Auteurs : Philippe Lemistre (CERTOP, centre associé régional au Céreq de Toulouse) et Boris Ménard (Céreq)

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