Quelle aide pour les diplômés du supérieur en difficulté ?

Accompagnement à la recherche d’emploi et allocation financière

 

Faut-il assurer un minimum de ressources aux jeunes de moins de 25 ans ni en emploi ni en formation ? La question fait débat. Certains argumentent positivement en pointant la pauvreté juvénile croissante, d’autres y voient un risque d’assistanat. L’heure est aux expérimentations de dispositifs articulant aide financière et accompagnement à la recherche d’emploi. L’un deux est le revenu contractualisé d’autonomie (RCA). Il a été décliné pour les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur (RCA-JD) sur six sites universitaires urbains. Une évaluation qualitative du RCA-JD a été conduite en 2012 par le Centre Associé du Céreq (Université Pierre Mendés France, Grenoble), financée par le FEJ (Fonds d’Expérimentation pour la Jeunesse). Elle montre que la déclinaison d’un revenu d’autonomie adapté aux diplômés du supérieur se heurte à la forte spécificité de ces publics, de leurs trajectoires et de leurs ressources.

Le montant mensuel de l’allocation, garantie sur une année, était de 250 euros, dégressif en fonction des revenus d’activités. L’évaluation laisse entrevoir de réels besoins financiers pour certains jeunes. Mais elle pointe surtout la nécessité de cibler ce type d’aide financière sur les plus précaires ou les jeunes de milieux modestes, et d’adapter son montant aux besoins. Le dispositif est donc peu concluant sur l’allocation. Le RCA-JD  semble en revanche apporter une valeur ajoutée à travers l’accompagnement renforcé. Il vient ici combler un manque dans l’offre du service public de l’emploi en direction des diplômés du supérieur en difficulté. Dans l’expérimentation, cet accompagnement a été confié à l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), qui a élaboré son contenu. 

Du fait des critères d’éligibilité retenus, le RCA-JD a manqué en partie sa cible. Le repérage des jeunes éligibles a été effectué par Pôle emploi et l’Apec. Les quatre critères à réunir (être titulaire d’au moins une licence, être inscrit depuis plus de 6 mois à Pôle emploi, ne pas être indemnisé et avoir moins de 24 ans) expliquent la difficulté à atteindre l’objectif fixé : sur les 500 contrats prévus, seuls 276 ont été signés. Du fait de ces critères restrictifs, de nombreux jeunes n’ont pas eu accès à l’accompagnement : les diplômés achevant leurs études à un âge plus avancé et ceux non-inscrits à Pôle emploi.

Les usages de l’allocation et son importance ont varié selon les situations personnelles. 20% des allocataires ont perçu moins de 500 euros et 27% plus de 2 000 euros : le montant versé dépend des durées d’accompagnement et d’éventuels revenus d’activité. L’allocation a été mise à profit pour améliorer les conditions de recherche d’emploi : transports et frais liés. Mais elle a contribué aussi à faire face aux dépenses de logement et de nourriture. Elle a permis à certains jeunes de se sentir moins dépendants des parents. Au final, le montant mensuel de 250 euros est jugé correct par des jeunes vivant chez leurs parents, mais insuffisant par ceux ayant déjà dé-cohabité.

L’accompagnement à la recherche d’emploi répond à un réel besoin pour ces jeunes diplômés. Pour 89 % des jeunes, la perspective d’être accompagné a joué un rôle important dans la décision d’entrer dans le dispositif. Deux difficultés apparaissent communes à l’ensemble des bénéficiaires : absence de préparation à la recherche d’emploi et isolement. « Je ne savais pas comment chercher », « Je n’avais personne pour me guider », « Franchement, je me sentais seul ». Tous n’ont pas réussi à trouver un emploi à l’issue du RCA-JD, mais ils considèrent l’accompagnement bénéfique. Il les a aidés à « prendre confiance en eux », « à persévérer dans des moments difficiles », les a « formés à la recherche d’emploi ».

La principale valeur ajoutée du RCA-JD résiderait ainsi dans l’accompagnement renforcé. L’enjeu est de développer une offre d’accompagnement adaptée à ce public, déconnectée de l’allocation financière et donc affranchie de critères trop contraignants. La question est désormais ouverte du ou des opérateurs à qui confier cet accompagnement. Dans le cadre de cette expérimentation, l’intervention de l’Apec est apparue pertinente, au regard des spécificités fortes de ce public très diplômé. Elle est d’autant plus aujourd’hui, suite à la redéfinition de ses missions de service public par l’Etat et les partenaires sociaux (accord national interprofessionnel du 12 juillet 2011). Elles englobent désormais la sécurisation des parcours professionnels des jeunes diplômés issus de l’enseignement supérieur à côté de celle des cadres.

Pour en savoir plus :

Bref n°313 – Quelle aide à la recherche d’emploi pour les diplômés du supérieur en difficulté. Août 2013. Auteures : Isabelle Borras et Nathalie Bosse, (Centre associé régional du Céreq de Grenoble, CREG, Université Grenoble Alpes)

 

Télécharger le communiqué de presse au format PDF  : Quelle aide pour les diplômés du supérieur en difficulté ?

Télécharger la publication : Bref n°313

 

Contact presse : Marie Christine Antonucci – servicepresse@cereq.fr – 04 91 13 28 94

Haut de page