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Valoriser l’enseignement professionnel sur le marché du travail

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Le marché du travail n'est pas favorable aux jeunes en début de vie active. S’appuyant sur les nombreuses analyses du Céreq concernant l’insertion professionnelle à l’issue des formations professionnelles, Jean-François Giret pointe cinq défis dans le grand chantier de la Refondation de l'école et des politiques de formation.

 

1. Sans diplôme, l’accès à l’emploi reste très difficile

Trois ans après leur sortie du système éducatif, le taux de chômage des jeunes sans diplôme atteint 40%. La priorité est donc de lutter contre le décrochage ou de proposer des formes de "raccrochage". Mais lorsque l'on regarde dans le détail les difficultés d'insertion, la non détention du diplôme est moins préjudiciable au niveau IV (bacs généraux et technologiques) qu’au niveau V, sachant que jusqu’à présent, la question ne se posait pas pour les bacs pros puisqu’ils étaient nécessairement titulaires d'un BEP (plus rarement un CAP). Avec la réforme de la voie professionnelle et le bac pro à 3 ans, on peut s'interroger sur la valeur des certifications intermédiaires sur le marché du travail, pour les jeunes qui n'arriveront pas à obtenir leur baccalauréat.

2.  Avec le diplôme, la spécialité de formation est un autre facteur décisif sur le marché du travail

Certaines spécialités de formation, ayant des gros effectifs, combinent très souvent difficultés d'insertion et orientation par défaut. La spécialité de formation peut avoir des effets plus importants que le niveau de diplôme. De plus, les emplois se transforment et les sorties à certains niveaux ne semblent plus forcément correspondre aux exigences des employeurs. C'est de plus en plus le cas pour les formations dans le tertiaire administratif au niveau IV.

3.  De nouveaux besoins de qualification en perspective

Ces prochaines années, les emplois qui seront créés ne seront pas forcément tous très qualifiés. Par exemple, des études prospectives prévoient de fortes créations d’emplois dans les domaines de l’aide à domicile et des emplois d’aide-soignant. Se pose la question de leur professionnalisation, notamment pour de nombreuses professions qui connaissent un renouvellement de génération. L'enjeu n'est pas de créer des diplômes dans une posture adéquationniste, en multipliant des formations initiales au niveau V ou au niveau IV, mais plutôt de construire des parcours d’évolution pour éviter l’enfermement dans des emplois peu qualifiés en s’appuyant sur l’accès à des formations qualifiantes.

4.  L’apprentissage comme solution ?

Les sortants de l'apprentissage bénéficient en général de meilleures conditions d'insertion. La portée générale de ce dispositif est cependant à nuancer selon l’origine et le parcours des élèves. De plus, en période de crise, les places en apprentissage sont souvent moins nombreuses. Enfin, le dispositif est coûteux et financé en partie par des fonds publics : il faut se poser les questions en termes d'efficacité, d'efficience et d'équité. Dans ce cadre, n'a-t-on pas intérêt à cibler l'apprentissage sur les plus bas niveaux de qualification ?

 

5.  Une déqualification des emplois mais un travail qui n'est pas forcément déqualifié

Si l’accès à des postes d’employés ou d’ouvriers qualifiés n'est pas aujourd'hui la norme pour les jeunes diplômés de l’enseignement professionnel, le travail et les fonctions exercées ne sont pas pour autant non qualifiés. Dans le domaine des services par exemple, des activités considérées comme peu qualifiées se diversifient et s'adaptent à des contextes d'exercice de plus en variés. Se pose cependant la question de la reconnaissance sociale de cette qualification du travail.

 

(* ) Jean-François Giret est directeur de l'IREDU, et chercheur associé au Céreq. Son texte complet :  La valorisation de l’enseignement professionnel sur le marché du travail : constats et perspectives. Note sur l'insertion professionnelle des diplômés de l'enseignement professionnel a été présenté lors de l'atelier "Valorisation de l'enseignement professionnel" qu'il a coanimé.

 

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