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L'insertion des jeunes résidant dans les Zones urbaines sensibles

Plusieurs cohortes* de jeunes résidant dans des Zones urbaines sensibles ont été suivies par le Céreq pendant leurs trois premières années sur le marché du travail. Dans ces quartiers sensibles, la montée des difficultés économiques a eu un impact plus limité sur l’accès à l’emploi des femmes que sur celui des hommes. Ces derniers subissent aussi davantage les  discriminations d'un « effet quartier ». Une étude publiée dans Bref n° 309. 

Les femmes issus des ZUS, moins touchées par le chômage et par l'"effet quartier"

Enquête Génération. Interrogation 2010 sur les sortants de 2007. Le calcul de "l'effet quartier" est expliqué dans le Bref n° 309 ci-dessous.

 

Les jeunes femmes des quartiers classés en zone urbaine sensible sont davantage exposées au chômage que les autres jeunes femmes urbaines. Elles bénéficient d’évolutions moins défavorables que celles des hommes. Par contraste, les transformations des conditions d’insertion des jeunes hommes des quartiers classés ZUS entre les cohortes successives sont très fortes, beaucoup plus fortes que celles observées chez les autres jeunes urbains.

 Ainsi, entre la cohorte 1998 et la cohorte 2007, le taux d’emploi à trois ans des jeunes hommes baisse de 17 points et leur risque de cumuler plus d’un an de chômage augmente de 17 points également. Le taux d’emploi des femmes, quant à lui, baisse de 6 points (équivalent aux femmes hors ZUS) ; le pourcentage de celles ayant connu plus d’un an de chômage sur leurs 3 premières années de vie active augmente de 5 points.. Compte tenu de la polarisation des formations et des emplois selon le genre, les jeunes hommes, se formant plus souvent à des spécialités industrielles, ont davantage subi la dégradation de l’emploi que les jeunes femmes.

 Les difficultés d’insertion rencontrées par les jeunes résidents de ZUS proviennent en grande partie de leurs caractéristiques scolaires et socio-démographiques. Au-delà, le quartier de résidence pénalise l’accès à l’emploi de certains jeunes, expression potentielle d’une discrimination spécifiquement territoriale qui conduirait les employeurs à ne pas recruter les habitants de certaines zones. L’auteur de cette étude constate qu’il n’en est rien pour les femmes. 

 (*) Il s’agit des cohortes de 1998 et 2007.

 

Moins formés, difficultés en 6ème, origine sociale modeste et hors Union européenne

 

Cette étude a été publiée dans le Bref n° 309

L'insertion des jeunes issus de quartiers sensibles :
les hommes doublement pénalisés.

Les jeunes issus des zones urbaines sensibles (Zus) connaissent depuis dix ans des difficultés d'insertion croissantes. La dégradation a particulièrement affecté les hommes. Au-delà d'origines sociales défavorisées et de faibles niveaux de formation, ils semblent plus qu'hier pâtir de « l'effet quartier ». Pour les femmes des Zus, au contraire, cet effet s'estomperait.

Thomas Couppié. Bref n° 309, avril 2013.

 

 

 

 

 

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