Nef

Regards sur les dix premières années de vie active d’une génération

Publié le 26 mai 2011

Regards sur les dix premières années de vie active d’une génération. Premiers résultats de l’enquête 2008 auprès de la génération 98

Isabelle Recotillet, Pascale Rouaud, Florence Ryk

  • Nef n°45
  • mai 2011

Insertion, enquête génération

L’enquête « Génération 1998 à dix ans », réalisée par le Céreq, interroge les jeunes de tous niveaux de formation dix ans après leur sortie de formation initiale.
Malgré la détérioration du contexte économique, leur taux de chômage diminue (7,1% en 2008) et leur taux d’emploi augmente après dix années de vie active. À la veille de la crise de 2008, 88,5% des individus travaillent, et la majorité d’entre eux ont des emplois à durée indéterminée (89,6%). En 2005, la Génération 98 était déjà entrée dans un processus de stabilisation dans l’emploi. Celui-ci se poursuit en 2008, bien que certains jeunes en soient exclus. En moyenne, les jeunes ont passé huit ans et demi en emploi sur les dix années d’observation, et cinq ans et demi chez le même employeur. Entre la septième et la dixième année de vie active, les changements d’employeurs sont deux fois moins importants que pendant les trois premières années, mais toujours plus nombreux pour les moins diplômés. Cette stabilité s’accompagne de priorités davantage axées sur la vie privée. L’accès et le maintien dans des postes stables permet de faire progresser les revenus salariaux entre la troisième et la dixième année de vie active, même si les écarts observés par niveaux de diplômes ne se réduisent pas avec l’ancienneté. En 2008, la moitié des jeunes entrés sur le marché du travail en 1998 peuvent espérer un revenu salarial supérieur à 1 400 euros nets, soit 25% de plus qu’après trois ans de vie active.

Les jeunes femmes occupent beaucoup plus fréquemment des postes à temps partiel. En 2008, 34% des femmes non diplômées en emploi sont à temps partiel, 26% des diplômées de l’enseignement supérieur. L’arrivée des enfants renforce l’écart entre diplômées et non diplômées : lorsqu’elles travaillent et qu’elles ont au moins un enfant, 20% des diplômées sont à temps partiel pour la moitié de celles n'ayant aucun diplôme.

Enfin, celles et ceux qui ont quitté le système éducatif sans diplôme en 1998 n’ont pas connu cette stabilité professionnelle. En 2008, leur taux de chômage est sept fois plus élevé que celui des diplômés de l’enseignement supérieur et dépasse 20%. Plus exposés à la précarité et au chômage, ils ont toujours, dix ans après l’arrêt de leurs études, une situation professionnelle préoccupante.

 

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