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Contrats de professionnalisation et d'apprentissage : des usages diversifiés

Publié le 1 janvier 2010

Contrats de professionnalisation et d'apprentissage : des usages diversifiés. Esquisse d'une cartographie des formations en alternance

Jean-Jacques Arrighi, Virginie Mora

  • Net.Doc n°66
  • janvier 2010

MESURE POUR L'EMPLOI, FORMATION EN ALTERNANCE, LEGISLATION DE L'APPRENTISSAGE, APPRENTISSAGE, ACCES A LA FORMATION PROFESSIONNELLE, ENSEIGNEMENT TECHNIQUE-PROFESSIONNEL, ENQUETE GENERATION 2004, FRANCE, Céreq - DEEVA

Les décideurs de l’alternance, partenaires sociaux, centres de formation et élus régionaux, déplorent régulièrement la concurrence entre les contrats de professionnalisation et les contrats d’apprentissage. Une concurrence à priori injustifiée qui nuirait à une allocation optimale des ressources. L’image d’une concurrence indifférenciée ne résiste pourtant pas à l’observation. L’analyse des contrats signés par les jeunes d’une cohorte entrant dans la vie active - la Génération 2004 - montre que les territoires de prédilection des deux contrats ne se recouvrent que très partiellement. Le contrat de professionnalisation s’adresse surtout à des jeunes déjà dotés en titres scolaires, souvent bacheliers, et il prépare en majorité à l’exercice de fonctions administratives ou commerciales. Le contrat d’apprentissage reste, lui, largement ouvert aux jeunes non diplômés et il prépare plutôt à des métiers techniques.

Néanmoins les différences s’atténuent en partie lorsque ces contrats sont signés par des jeunes actifs à la suite d’une première expérience d’au moins un an sur le marché du travail. Ce qui se manifeste dans les trajectoires des jeunes relève plutôt d’une pluralité d’usage des contrats de formation en alternance. Cette pluralité n’a rien d’aléatoire : les entreprises d’une certaine taille, dans des secteurs définis recrutent plutôt des jeunes d’un niveau précis sur des formations elles aussi ciblées. Selon les cas, elles mobilisent de préférence l’un ou l’autre des contrats en fonction de critères probablement liés à la souplesse des contrats et aux caractéristiques de l’offre de formation locale. Selon leur taille et leur secteur d’activité, les entreprises n’ont ni les mêmes objectifs, ni les mêmes contraintes. L’univers de l’alternance est un kaléidoscope qu’il convient de décrire avec précision avant de prétendre le comprendre. Dans cette perspective nous proposons la première esquisse d’une cartographie qui pourrait servir de méthode à une analyse exhaustive des contrats signés via l’exploitation de fichiers administratifs existants.

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