Net.Doc

L'effet de la qualité des stages sur l'insertion professionnelle

Publié le 1 janvier 2010

L'effet de la qualité des stages sur l'insertion professionnelle

Jean-François Giret, Sabina Issehnane

  • Net.Doc n°71
  • janvier 2010

STAGIAIRE, ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, ENQUETE GENERATION 2004, INSERTION PROFESSIONNELLE, TYPOLOGIE, QUALITE, PREMIER EMPLOI, FRANCE, Céreq - Centre associé de Dijon

Les stages sont régulièrement présentés comme une condition nécessaire, si ce n’est suffisante, d’une bonne insertion sur le marché du travail. Les compétences acquises en dehors du système éducatif procureraient aux stagiaires un avantage décisif pour trouver un emploi. Des inquiétudes sont néanmoins apparues ces dernières années face à une multiplication des stages dans le parcours des étudiants, ce qui retarderait leur accès à une première activité salariée sans pour autant donner une réelle valeur professionnelle à ces expériences acquises en cours d’études. Ils permettraient de plus à certains employeurs d’ajuster leur main-d’œuvre aux variations de l’activité économique et se substitueraient aux recrutements. Quelle est la valeur professionnelle des stages suivis par les étudiants au cours de leur formation ? L’enquête Génération 2004 du Céreq permet de recueillir de manière détaillée les caractéristiques du stage le plus long effectué par le jeune (gratification, durée, contacts avec le maître de stage, lien avec les connaissances apprises en formation initiale, le type d’employeur). Elle confirme tout d’abord leur grande hétérogénéité. Une typologie distingue ainsi cinq grandes catégories de stages : des stages « formateurs et gratifiés », des stages « courts sans aucune gratification», des stages « de longueur moyenne avec une faible gratification », des stages « longs sans gratification» et des stages « facultatifs et plutôt longs ». Les deux premières catégories, qui représentent respectivement 38,5 % et 43,6 % des stages, s’opposent sur le montant de la gratification, mais également sur le lien avec les connaissances acquises en formation ou sur la fréquence des contacts du stagiaire avec le maître de stage. Le type de stage effectué est étroitement associé aux formations par lesquelles sont passées les jeunes : en général, plus la formation est élevée, prestigieuse et sélective, plus le stage sera gratifié et formateur. Les analyses montrent également que les différents types de stages n’ont pas les mêmes effets sur l’insertion professionnelle, et ce à formation identique. En effet, « toutes choses égales par ailleurs », plus le stage est gratifié et formateur, plus les jeunes ont des chances de trouver un premier emploi dans l’entreprise où ils l’ont effectué. De même, si l’on regarde l’effet du stage sur le salaire des jeunes, trois ans après leur sortie du système éducatif, ce type de stage est également plus valorisé que les autres. C’est également le cas des stages facultatifs qui semblent être considérés par les employeurs comme une expérience professionnelle à part entière.

Haut de page