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Le développement de l'aide à la personne : pour quelle «professionnalisation» ?

Publié le 1 janvier 2010

Le développement de l'aide à la personne : pour quelle «professionnalisation» ?

Valérie Gosseaume, Gérald Houdeville, Laetitia Poulain, et al.

  • Net.Doc n°62
  • janvier 2010

PAYS DE LA LOIRE, Céreq - Centre associé de Nantes, SERVICE AUX PARTICULIERS, AIDE A DOMICILE, PROFESSIONNALISATION, REPRESENTATION DU TRAVAIL, REPRESENTATION SOCIALE, PROJET PROFESSIONNEL, FORMATION DES ADULTES, NIVEAU V, FRANCE

Caractéristiques et représentations des publics en formation de niveau V dans l'aide à la personne en 2008-2009 dans la région des Pays de la Loire

Depuis une trentaine d’années, le développement de l’aide à la personne est allé de pair avec la multiplication du nombre de diplômés dans ces professions. La professionnalisation qui en découle serait en effet le gage de l’émergence de services de qualité. Mais que signifie concrètement se professionnaliser dans des activités de ce type ? Comment la formation s’intègre dans la trajectoire des personnes qui s’y inscrivent ? Quelles représentations professionnelles les intervenants, au sein des lieux de formation, contribuent-ils à forger ? Quelles sont les caractéristiques de la population formée, quelles sont les motifs et les parcours qui les conduisent à ces formations ? Les populations scolaires et adultes constituent deux publics aux logiques distinctes. Le public en formation initiale est scolarisé dans les lycées professionnels et les adultes sont formés dans des centres agréés. Si le recrutement social de ces formations s’effectue principalement dans les classes populaires, il ne se présente toutefois pas comme univoque. C’est ce dont attestent particulièrement les trajectoires retracées à partir de notices biographiques qui laissent voir une authentique diversité des parcours. Le public scolaire apparait assez homogène. Il est féminin, âgé de 17 ans, d’origine modeste et il s’est dirigé vers une formation dans le champ des services de l’aide à la personne car, souvent, sa poursuite d’études en filière générale était compromise. Cette relative homogénéité doit être nuancée. Tout d’abord, toutes les formations scolaires proposées dans ce champ ne sont pas équivalentes. Leur offre est inégalement répartie sur le territoire et elles sont plus ou moins sélectives. La filière du BEP Carrières sanitaire et sociale fait ainsi figure, relativement, de filière d’excellence. Ensuite, les raisons conduisant ce public vers ces formations sont diverses. En effet, nous avons pu isoler deux types de parcours : l’un sous contrainte et l’autre par inclination pour le secteur. Pour le public adulte, deux grands types d’itinéraires sociaux et professionnels, en réalité imbriqués l’un dans l’autre, ont été mis en lumière D’abord, celui des femmes qui viennent d’un autre secteur d’activité ou qui cherchent à s’insérer professionnellement : elles sont en changement de cap. Ensuite celui des femmes qui avaient déjà une expérience de ce secteur et qui cherchent, à travers la formation, à conforter leur emploi et à faire reconnaître leur expérience professionnelle. Les représentations professionnelles des jeunes sont variables selon les deux types de parcours analysés. Ces images, ces projections professionnelles, évoluent dans le temps : à l’entrée en formation, suite aux stages ou à l’issue la formation. Les appréhensions initiales des élèves sont plus vite dépassées dès lors qu’ils se sont orientés vers ces formations par inclination, et ceci est encore plus prégnant dans le cas d’une socialisation familiale. Les adultes en formation ont généralement du mal à définir le professionnalisme de l’aide à la personne. Leur intervention, entre accompagnement social, entretien de l’espace domestique, présence physique etc., manque de techniques professionnelles clairement identifiables. La plupart cherchent à acquérir des techniques professionnelles par le biais de la formation, et c’est finalement du côté de pratiques professionnelles observées en institution qu’elles les trouvent. En outre, les stagiaires en formation semblent constamment éprouver des contradictions entre les théories de l’accompagnement définies par les textes officiels et apprises en formation, et les réalités du terrain. Pour s’imposer en tant qu’intervenantes professionnelles à domicile, elles doivent mettre une distance entre elle et l’usager. C’est cette morale de la distanciation professionnelle, qui leur est enseignée.

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