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Les étudiants des STS et des IUT : Comparaison des conditions d'orientation...

Publié le 1 janvier 2010

Les étudiants des STS et des IUT : Comparaison des conditions d'orientation, des parcours de formation et d'insertion

Yvette Grelet, Claudine Romani, Joaquim Timoteo

  • Net.Doc n°65
  • janvier 2010

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, ETUDIANT, BTS - BREVET DE TECHNICIEN SUPERIEUR, IUT - INSTITUT UNIVERSITAIRE DE TECHNOLOGIE, ORIENTATION SCOLAIRE-PROFESSIONNELLE, CHEMINEMENT SCOLAIRE, CHEMINEMENT PROFESSIONNEL, INSERTION PROFESSIONNELLE, ENQUETE GENERATION 2004, FRANCE, Céreq - Centre associé de Caen, Céreq - Direction et missions, Céreq - Centre associé d'Orléans

Ce document de travail compare les filières STS et IUT, sur lesquelles le débat public actuel est actif (Partie I). En 2004, 79 000 jeunes titulaires d’un BTS ou d’un DUT sont entrés sur le marché du travail. Pour mesurer l’importance prise par ces deux filières de formation, il faut ajouter à ce chiffre les 150 000 jeunes sortants de l’enseignement supérieur cette même année et qui avaient intégré ces filières sélectives après leur baccalauréat : 105 000 en STS, 43 000 en IUT. Analyser où sont allés ces jeunes à la suite de leur formation en STS ou en IUT pose, en miroir, la question de savoir d’où ils viennent, quelles ont été leurs conditions d’orientation (Partie II), leurs itinéraires dans l’enseignement supérieur (Partie III) et les conditions de leur insertion dans l’emploi au cours de leurs trois premières années de vie active (Partie IV). Cette étude s’appuie sur une exploitation originale de l’enquête « Génération 2004 » réalisée par le Céreq. Les résultats montrent tout d’abord que le type de baccalauréat obtenu a pesé de façon déterminante sur le choix de ces deux filières. STS et IUT divergent par l’importance plus ou moins grande des bacheliers technologiques dans leurs populations de jeunes entrants. Pour ces jeunes bacheliers, et plus encore pour ceux détenant un baccalauréat professionnel, la destination privilégiée est la filière STS. En revanche, les IUT recrutent de préférence des bacheliers technologiques et surtout des bacheliers généraux. La hiérarchie scolaire est ici réaffirmée. Les jeunes possédant un baccalauréat général prolongent leurs études au sein des filières « nobles et réputées » de l’enseignement supérieur généraliste ou professionnalisé. L’inscription en STS ou en IUT après le baccalauréat n’est cependant que le début d’une carrière dans l’enseignement supérieur qui a pu se terminer prématurément (décrochage), se clore avec l’obtention du diplôme de fin de cycle (sortie directe), connaître des bifurcations (réorientation), ou encore se prolonger vers des niveaux supérieurs (poursuite d’études). Ces quatre types de parcours sont inégalement représentés dans ces deux filières. En STS, 22% des étudiants ont décroché sans atteindre le diplôme, tandis qu’en IUT ils ne sont que 12%. Mais ne pas aller jusqu’au bout de son diplôme peut aussi être le fait d’une réorientation en cours d’études : peu fréquentes pour les jeunes s’étant dirigés vers les STS, ces bifurcations ont concerné 11% des jeunes entrés en IUT dont la moitié d’entre eux obtiendront un diplôme final de niveau licence. À côté des décrocheurs et des réorientés, des jeunes ont pu intégrer directement le marché du travail après l’obtention de leur BTS ou de leur DUT. C’est le cas pour 61% des inscrits en STS et 35% des inscrits en IUT. Enfin, poursuivre ses études au moins une année supplémentaire a été une option plus couramment prise par les diplômés de DUT. Ce parcours n’a concerné que 14% des inscrits en STS contre 42% pour les jeunes s’étant inscrit en IUT La bonne insertion professionnelle des titulaires d’un BTS ou d’un DUT est certes toujours d’actualité. Mais les premières années de vie active n’ont pas été nécessairement identiques pour les jeunes ayant suivi des études dans l’une ou l’autre de ces deux filières. Entrer sur le marché du travail juste après l’obtention du diplôme semble ainsi mieux réussir aux titulaires de BTS que de DUT. En revanche, prolonger les études pour les BTS n’offre pas un gain évident au regard de l’accès à l’emploi, le fait d’avoir emprunté la voie de l’apprentissage jouant encore plus que la poursuite d’études pour leur insertion. Il en va tout autrement pour les post-DUT pour lesquels la poursuite d’études semble être beaucoup plus rentable à partir de la licence, en débouchant sur une probabilité plus forte d’accéder ou de se maintenir dans l’emploi.

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