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Origine sociale et insertion professionnelle après des études supérieures

Origine sociale et insertion professionnelle après des études supérieures : des diplômés plus égaux que d'autres

Origine sociale et insertion professionnelle après des études supérieures : des diplômés plus égaux que d'autres

Julien Calmand , Dominique Epiphane

Net.Doc , n° 76 , 2010 , 18 p

Particulièrement vif dans les années soixante-dix, le débat sur l’aspect méritocratique de l’école ressurgit aujourd’hui. L’école permet t’elle à tous les enfants, quel que soit leur milieu social d’origine, d’obtenir une formation et une position sociale conforme à leur mérite ou contribue t’elle à la reproduction et à la légitimation des hiérarchies sociales ? Depuis plusieurs décennies, l’accès à l’enseignement supérieur s’est considérablement élargi. Aujourd’hui plus de 50 % d’une classe d’âge atteint ce niveau d’études. La question de sa démocratisation reste d’actualité même si l’allongement de la scolarité a déplacé le curseur pour la mesurer. C’est désormais à l’aune de la probabilité d’accéder aux filières les plus prestigieuses et/ou les plus rentables sur le marché du travail et d’y obtenir effectivement un diplôme qu’elle doit être appréciée. Licences et masters professionnels font partie de ces diplômes prisés et efficients sur le marché du travail. L’origine sociale de leurs étudiants est, relativement, plus modeste que celle des étudiants des filières générales et de recherche. En outre, posséder une licence professionnelle permet effectivement aux jeunes d’origine modeste d’accéder aux mêmes cibles professionnelles que les enfants d’origine sociale plus élevée. Mais ces emplois sont très rarement des emplois de cadres. Si le développement des licences professionnelles a bel et bien permis à davantage d’enfants d’origine modeste d’atteindre le niveau licence, il n’ouvre pas pour autant la porte des destinés professionnelles les plus prisées. Les évolutions récentes observées « profitent » donc à un public aujourd’hui plus large et certains types de diplômes (comme les licences professionnelles par exemple) neutralisent plus que d’autres les effets de l’origine sociale sur les débuts de carrières de leurs détenteurs. Les clivages en termes d'origine sociale n’ont pas disparu pour autant. Les données sont issues de l’enquête Génération 2004 du Céreq, et portent sur l’année 2007.

Cet article est paru dans la revue Formation Emploi :

"L'insertion professionnelle après des études supérieures : des diplômés plus égaux que d'autres", J. Calmand, D. Epiphane, Formation Emploi, n°117, janvier-mars 2012.

http://formationemploi.revues.org/3509

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