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juin 2009

Spécialités de formation et d’emploi : comprendre l’absence de correspondance


Net.Doc n° 52, juin 2009, 24 p.
Philippe Lemistre (Centre associé régional de Toulouse - LIRHE) et Mireille Bruyère (LIRHE)


Le pilotage des politiques éducatives pour les formations professionnelles suppose souvent que la formation dans une spécialité procure un avantage relatif sur le marché du travail uniquement si l’emploi occupé est de spécialité identique. Cette hypothèse qualifiée « d’adéquationniste » est réinterrogée sur le plan théorique via la théorie de l’Assignment et empiriquement pour la génération de sortants des filières professionnelles en 1998 observés en 2001. Pour cette génération, la majorité des jeunes occupent en 2001 un emploi d’une spécialité autre que leur spécialité de formation. En effet, si travailler dans sa spécialité de formation permet effectivement de mieux valoriser les diplômes, la spécialité de formation a néanmoins un rendement salarial indépendant de la spécialité d’emploi. Ainsi, les employeurs ne rémunèrent pas seulement la correspondance avec la spécialité d’emploi, ils hiérarchisent également les spécialités de formation qui signalent donc une adaptabilité à des emplois d’autres spécialités. De plus, les jeunes qui ne travaillent pas dans leur spécialité de formation semblent disposer d’aptitudes non observables favorables, tant en ce qui concerne la sélection au chômage que les salaires. Ces résultats ne sont pas en contradiction avec les hypothèses de la théorie de l’Assignment pour laquelle les logiques d’allocation aux emplois sont multiples.
Télécharger le document [pdf, 27 p.]

La formation des demandeurs d’emploi pour le compte de l’Assedic Alpes-Provence : une économie marchande ?


Net.Doc n°51, juin 2009, 40 p.
Alexandre Méliva (Département "Formation continue et certification")


Depuis 2001, les organismes de formation continue comptent un nouvel acheteur, aux côtés du Conseil régional, de formations à destination des demandeurs d’emploi : les ex-Assedic, aujourd’hui Pôle Emploi, qui financent des formations pour les chômeurs indemnisés. Dans les bassins de Marseille et de l’Étang de Berre, où les besoins portent en priorité sur les formations tertiaires et des transports, la commande de l’Assedic Alpes-Provence est particulièrement déconnectée de celle du Conseil régional. Les programmes et contenus des formations sont particulièrement adaptés et « taillés sur mesure » aux durées d’indemnisation des allocataires préalablement profilés autour de cinq catégories-types selon leur degré d’éloignement du marché du travail. Dans le cadre de cette nouvelle commande, les conditions et durées d’indemnisation (le bénéfice de l’Allocation de retour à l’emploi et les conditions de son prolongement éventuel) sont pour les organismes l’alea majeur à contrôler. Ceux-ci font en effet l’apprentissage d’un risque nouveau pour eux de défaillance des stagiaires en rupture d’indemnisation : ils se doivent donc de concevoir des ingénieries sur-mesure et de vérifier, avec les ANPE délégataires des recrutements, l’éligibilité du public. L’ensemble des procès de formation s’en trouve bouleversé, ainsi que les conditions d’emploi dans les organismes : sollicités très en amont des formations, notamment dès leur ingénierie, les formateurs sont employés « au projet » en fonction de leurs compétences dans le domaine professionnel dispensé.
Télécharger le document [pdf, 44 p.]

 


 
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