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Codifier la nomenclature PCS à quatre chiffres : une ambition raisonnable ?

Publié le 1 janvier 2003

Codifier la nomenclature PCS à quatre chiffres : une ambition raisonnable ? Analyse d'un flou statistique sur la relation formation-emploi

Françoise Cédo, Alberto Lopez

  • Nef n°2
  • janvier 2003

NOMENCLATURE, RECHERCHE ACTION, CLASSIFICATION D'EMPLOI, PCS, RELATION FORMATION-EMPLOI, ETUDE DE CAS, FRANCE

ISBN 978-2-11-094260-9

Analyser les relations entre la formation initiale et les emplois occupés en début de vie active suppose d'être particulièrement attentif aux procédures de classement des emplois. Comme la plupart des enquêtes auprès des ménages, les enquêtes sur les cheminements auprès des jeunes récemment sortis du système éducatif reposent sur une déclaration des individus en réponse à une batterie de questions. L'objectif est de classer les emplois successivement occupés par les jeunes dans la nomenclature PCS en 455 postes. En reprenant l'arsenal standard en matière de questionnaire, en briefant les enquêteurs sur la nécessité d'un libellé décrivant l'emploi très précisément, en utilisant l'outil SICORE, on pourrait penser aboutir à une situation idéale dans une enquête de type "Génération 98". En confrontant les résultats de deux procédés de codification (l'un, dit "manuel", et l'autre, automatique) appliqués sur un même corpus de 10 000 emplois, le taux de divergence semble imposant : dans 35 % des cas, le code PCS fin (455 postes) est différent et pour 20 % des emplois, on n'a même pas abouti à la même catégorie socioprofessionnelle (42 postes). Que faut-il en penser ? En réalité, ces taux sont comparables à ceux qui apparaissent dans d'autres expériences de ce type (recensement, enquête "Emploi"). De plus, l'incidence du mode de codification sur une analyse statistique des correspondances entre formations et emplois est dans l'ensemble assez limitée. Par exemple, qu'on utilise la codification automatique ou bien le classement manuel, la fréquence des cas de "déclassement" (où l'individu occupe un emploi de niveau inférieur à celui qui correspond à celui de sa formation) varie peu (moins de 3 points). De même, le degré de concentration des emplois dans certains domaines professionnels à l'issue des formations d'une spécialité donnée est aussi un indicateur assez robuste, en général. Toutefois, l'étude méthodologique menée ici fait apparaître quelques domaines professionnels où la codification pose de sérieux problèmes. L'analyse fine et l'expertise des divergences entre les deux modes de codification (au niveau de la CS42) révèlent certes des "défaillances" ou des "insuffisances" aussi bien du côté de la machine (SICORE) que du côté de l'homme (codage manuel). Mais dans la moitié des cas divergents, il existe une réelle impossibilité à positionner de façon certaine les emplois, compte tenu de l'information recueillie dans l'enquête. L'examen de ce flou est assez instructif aussi bien pour mieux repérer les limites de l'enquête que pour apprécier la pertinence de certaines subdivisions de la nomenclature.

 

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