[Communiqué] Faire une pause pendant ses études : les scénarios qui favorisent la carrière
Il y a 10 ans, la France mettait en place le dispositif de « césure », permettant d’interrompre temporairement ses études pour acquérir de nouvelles compétences tout en conservant son statut d’étudiant. D'après l'enquête Génération 2017, 15 % des jeunes sortis de l'enseignement supérieur en 2017 avaient au préalable suspendu temporairement leurs études, dont 6 % dans le cadre formel d'une césure. Le Centre d'études et de recherches sur les qualifications publie aujourd'hui les résultats d'une étude inédite sur l'impact de ces interruptions sur l'insertion professionnelle des jeunes diplômés.
# 1 jeune sortant du supérieur sur 6 a fait une pause pendant ses études
- Si les interruptions d’études concernent tous les niveaux de diplôme, les parcours d’études linéaires sans interruption restent encore quasiment la norme en France (85 %).
- Les jeunes ingénieurs et médecins sont ceux qui connaissent le moins d’interruption (pour 90% d’entre eux). Les diplômés d’école de commerce sont, en revanche, près d’un sur quatre à interrompre leurs études.
- Les interruptions sont motivées par le travail (44 %), l'apprentissage d'une langue (11 %), une pause personnelle (11 %) du bénévolat (4 %) ou encore des raisons de santé (4 %).
# Focus sur la Césure : un mode d’interruption encadré
Plus d’un tiers des interruptions s’est fait dans le cadre formel d’une césure.
La moitié des césures s’effectue à l’étranger contre seulement 10 % des autres interruptions.
Ce nouveau dispositif est plus souvent utilisé pour l'apprentissage des langues ou le bénévolat.
Cette formule concerne avant tout les étudiants diplômés de bac+5, ceux issus de spécialités littéraires et tertiaires - notamment les écoles de commerce et ceux issus de milieux favorisés.
# Césure vs interruption : des scénarios plus favorables que d’autres
Cette nouvelle enquête montre qu’à caractéristiques comparables, les parcours discontinus pénalisent souvent l'accès à l'emploi, particulièrement pour ceux qui restent en France ou qui ne travaillent pas durant l’interruption.
Les césures à l'étranger pour travailler constituent le scénario le plus favorable, avec un avantage salarial significatif et de meilleures chances d'accéder à des postes de cadre par rapport à des jeunes aux parcours continus. Les autres types de césures présentent un avantage salarial uniquement pour les diplômés de l’enseignement supérieur long.
Les interruptions à l'étranger hors césure peuvent s'avérer bénéfiques, notamment pour les diplômés de l'enseignement supérieur court qui voient leurs chances d'accéder aux postes de cadre ou de profession intermédiaire augmenter.
En revanche, chez les diplômés du supérieur long, les interruptions en France hors césure et hors motif de travail sont généralement pénalisantes en termes d'accès et de qualité d’emploi.
Alors que la césure tend à se développer, le marché du travail français reste attaché à la linéarité des parcours, posant la question de la valorisation des expériences d'interruption. Les auteures pointent aussi la nécessité d’examiner le rôle de ces interruptions sur l’acquisition du diplôme visé. Elles soulignent également le besoin d'adapter les pratiques de recrutement pour mieux reconnaître les compétences acquises lors de ces périodes.
| Référence de la publication | Fanette Merlin, Alexie Robert - Interrompre un temps ses études : un choix rarement payant sur le marché du travail, Céreq Bref, n° 466, 2025, 4 p |
| Url de la publication | https://www.cereq.fr/cesure-interruption-etude-insertion |
| Communiqué de presse (Format PDF) | Communiqué de presse du Céreq Bref 466 |