Taking a break from studies: a choice that rarely pays off on the labour market
Long practised in several European countries, temporary interruptions of studies have not been very common in the curricula of young people in France. Recent research by Céreq indicates that this trend is beginning to shift, particularly in line with the introduction of the gap year programme in 2015. While data on these practices is still scarce, the Génération survey provides an overview for all young people having left higher education in 2017. It also allows to measure the impact on professional integration, which for the moment remains relatively inconsistent.
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Il y a 10 ans, la France mettait en place le dispositif de « césure », permettant d’interrompre temporairement ses études pour acquérir de nouvelles compétences tout en conservant son statut d’étudiant. D'après l'enquête Génération 2017, 15 % des jeunes sortis de l'enseignement supérieur en 2017 avaient au préalable suspendu temporairement leurs études, dont 6 % dans le cadre formel d'une césure. Le Centre d'études et de recherches sur les qualifications publie aujourd'hui les résultats d'une étude inédite sur l'impact de ces interruptions sur l'insertion professionnelle des jeunes diplômés.
Éléments clés à retenir
- 15 % des diplômés du supérieur ont interrompu temporairement leurs études avant leur sortie en 2017, dont 6 % dans le cadre formel d’une césure. Les parcours continus restent néanmoins largement majoritaires (85 %).
- Les principales motivations des interruptions sont le travail (44 %), l’apprentissage d’une langue (11 %), une pause personnelle (11 %), le bénévolat (4 %) ou des raisons de santé (4 %).
- La moitié des césures se déroulent à l’étranger, contre seulement 10 % des autres interruptions. Les césures sont particulièrement fréquentes dans les écoles de commerce et parmi les diplômés de niveau bac+5.
- Les césures à l’étranger associées à une activité professionnelle constituent le scénario le plus favorable : elles procurent un avantage salarial significatif et améliorent les chances d’accéder à des postes de cadre.
- Les interruptions à l’étranger hors césure peuvent également être bénéfiques, notamment pour les diplômés de l’enseignement supérieur court, dont les perspectives d’accès aux professions intermédiaires ou aux postes de cadre s’améliorent.
- Globalement, les parcours discontinus restent souvent moins favorables à l’insertion, en particulier lorsque l’interruption n’est pas associée à une activité professionnelle ou se déroule uniquement en France.
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APA
Merlin, F., et Robert, A. (2025). Interrompre un temps ses études : un choix rarement payant sur le marché du travail, Céreq Bref, (466). https://www.cereq.fr/en/cesure-interruption-etude-insertion
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MLA
Merlin, Fanette et Alexie Robert. «Interrompre un temps ses études : un choix rarement payant sur le marché du travail». Céreq Bref, n° 466, 2025, p. 1-4. https://www.cereq.fr/en/cesure-interruption-etude-insertion
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ISO 690
MERLIN, Fanette et ROBERT, Alexie, 2025. Interrompre un temps ses études : un choix rarement payant sur le marché du travail. Céreq Bref, 2025, n° 466, p. 1-4. https://www.cereq.fr/en/cesure-interruption-etude-insertion
Entre le lycée et la vie professionnelle, les parcours d’études en vigueur en France restent encore aujourd’hui très marqués par un modèle linéaire, en comparaison d’autres pays européens pratiquant plus couramment les périodes de suspension d’études [1]. Pourtant, les travaux récents du Céreq [2] suggèrent qu’une relative délinéarisation s’est engagée, marquée par des réorientations ou des pratiques d’interruptions temporaires d’études. Par ailleurs, depuis 2015, le système français facilite et encadre la pratique de la « césure* » en cours d’études supérieures : l’objectif affiché est l’acquisition de nouvelles compétences grâce à une expérience supplémentaire pouvant être personnelle, associative ou professionnelle [3]. Soumise à l’autorisation du chef d’établissement, la césure permet de suspendre son cursus pendant un semestre ou une année universitaire tout en restant inscrit dans l’établissement d’origine, la place étant garantie au retour. Elle peut consister en un contrat de travail, un service civique, une activité bénévole, la préparation d’une création d’entreprise, un stage, ou encore une formation dans un autre domaine que celui de la formation d’inscription. Pendant cette période, le statut d'étudiant est conservé et la bourse peut être maintenue selon les cas. Initié en 2015 et précisé les années suivantes, ce dispositif récent ne couvre qu’une partie des interruptions temporaires d’études supérieures. Les données sur les interruptions en cours d’études en France sont rares : l'observatoire national de la vie étudiante (OVE) [L'OVE produit ces données dans le cadre du programme Eurostudent, qui permet depuis les années 1990 de comparer la situation sociale des étudiant·e·s à l'échelle de l'espace européen.] les documente mais seulement à certains moments clefs de la scolarité (transition secondaire-supérieur, licence-master ou cursus en cours). L’enquête Génération fournit des données déclaratives parmi les seules permettant de quantifier ces interruptions pour l’ensemble des parcours d'études et des niveaux de diplôme en France. D’après l’enquête 2020 auprès de la Génération 2017, 15 % des jeunes sortis de l’enseignement supérieur en 2017 avaient préalablement interrompu leurs études pour une durée d’un à seize mois, soit au maximum l’équivalent d’une année universitaire (Encadré 1), dont 6% dans le cadre d'une césure.


