Making support conditional on hours of activity: the case of the Youth Engagement Contract

Céreq Bref, n° 478, 25 November 2025, 4p.

The Youth Engagement Contract is the latest youth policy initiative. It aims to respond to the growing socio-economic vulnerability of young people under the age of 25 in a way that differs from the ‘RSA Jeune’ (income support allowance for young people). Introduced in 2022 to replace the Youth Guarantee, this integration scheme makes benefits conditional on completing 15 to 20 hours of activities per week. A qualitative survey highlights the mixed effects of this rule, which was designed to provide more intensive support. Ultimately, this quantified obligation is contributing to a profound transformation of the role of advisors and their relationship with young people.

La mise en œuvre du Contrat d’engagement jeune (CEJ) marque une évolution majeure des politiques d’insertion des 16-25 ans sans emploi ni formation, en plaçant au centre du dispositif un quota d’activités hebdomadaires à réaliser. Si cette obligation vise à intensifier l’accompagnement et à responsabiliser les jeunes, elle génère sur le terrain des adaptations – voire des contournements –, modifiant profondément les pratiques des conseillères et l’expérience vécue par les jeunes. Cette nouvelle étude s’appuie sur une enquête qualitative menée dans onze territoires. Elle documente la genèse, les effets et les tensions du dispositif, entre logique de contrôle, soutien individualisé et redéfinition des missions des conseillères.
 

Éléments clés à retenir

  • 300 000 jeunes concernés : le CEJ est aujourd’hui le principal dispositif d’insertion destiné aux jeunes de 16 à 25 ans sans emploi ni formation.
  • 15 à 20 heures d’activités obligatoires par semaine : cette obligation constitue l’innovation majeure du dispositif par rapport à la Garantie jeunes.
  • 11 territoires étudiés : l’enquête révèle une mise en œuvre très hétérogène selon les contextes locaux et les pratiques professionnelles.
  • Plus de la moitié des heures déclarées correspondent à des démarches personnelles réalisées par les jeunes (candidatures, recherche de formation, démarches d’insertion).
  • Une relation d’accompagnement transformée : la traçabilité et le suivi des heures renforcent le contrôle de l’activité des bénéficiaires, tout en augmentant la charge administrative des conseillères.

Le Contrat d’engagement jeune (CEJ), initié en mars 2022, remplace la Garantie jeunes comme principale politique d’accompagnement des 16-25 ans sans emploi ni formation. Le dispositif concerne actuellement 300 000 jeunes, dont deux tiers sont suivi·es par les Missions locales. Il propose un suivi renforcé et individualisé de 6 à 12 mois par les conseillères des Missions locales ou de France Travail, avec une allocation pouvant atteindre 562 euros mensuels. En contre-partie, les jeunes doivent élaborer et mettre en œuvre un projet professionnel, et réaliser chaque semaine entre 15 et 20 heures d’activités dans ce but, sous peine de sanction financière ou d’exclusion du dispositif. 

Notre enquête (voir encadré 1) montre que le CEJ modifie les pratiques des conseillères, en orientant l’accompagnement vers un suivi plus encadré et traçable. Il s’inscrit dans une logique de contractualisation et de responsabilisation des bénéficiaires, centrée non seulement sur leurs droits, mais aussi, et surtout, sur leurs devoirs. Ce Céreq Bref examine l’innovation que représente, par rapport à la Garantie jeunes, la mise en place de ces 15 à 20 heures d’activités obligatoires : d’où vient cette innovation, quelles sont ses formes concrètes et quels effets a-t-elle sur l’accompagnement ? 

 

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