Orientation et décrochage

La faible orientation des filles vers les carrières scientifiques

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Les filles s'orientent peu vers les formations supérieures techniques et scientifiques. Des données du Céreq et du ministère de l'Education nationale confirment largement ce phénomène. Pourtant les filles auraient bien des raisons de rejoindre ces filières, en particulier pour bénéficier de leurs perspectives d'emploi.
 

La faible orientation des filles vers les sciences

 

 

Les choix d'orientation des terminales S, un échantillon interrogé en PACA

Souce Céreq, Enquête "Orientation active vers les carrières scientifiques " réalisée dans la cadre d'une évaluation d'une expérimentation sociale "Hippocampe S", soutenue par le Fonds d' Expérimentation pour la Jeunesse. 

Pour en savoir plus sur cette enquête évaluation d'un dispositif d'orientation active vers les sciences pour des élèves de terminales S en région PACA.

 

 

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Les enjeux d'une orientation des filles vers des carrières scientifiques 

 Des réservoirs d'emplois sur des postes techniques ou scientifiques mais des inégalités marquées entre hommes et femmes pour saisir ces opportunités. La population féminine pourrait bénéficier d'un vrai réservoir d'emplois sur des postes techniques ou scientifiques, mais la réalité est autre. En effet, les femmes vont moins facilement que les hommes vers les emplois dit scientifiques. Quelques chiffres issus de l'enquête Génération 2010 des sortants de formation de 2007 illustrent cette tendance. Parmi les jeunes hommes sortants de l'enseignement supérieur en 2007, 42% de ceux qui sont en emploi en 2010 occupent un emploi dit « scientifique ou technique ». Parmi les jeunes femmes sortants de l'enseignement supérieur en 2007, 21% de celles qui sont en emploi en 2010 occupent un emploi dit « scientifique ou technique ».

La mixité des métiers semble donc un enjeu important pour le déroulement de la carrière des femmes car leurs salaires  tendent à rejoindre ceux des hommes dès lors qu'elles parviennent à atteindre les mêmes postes.

 

Les études du Céreq sur ce thème 

« Hommes et femmes minoritaires dans leur profession : le bonheur à quel prix ? »

Couppié T. et Epiphane D., 2008, in Guichard-Claudic Y., Kergoat D. et Vilbrod A. (dir.), L'inversion du genre. Quand les métiers masculins se conjuguent au féminin et réciproquement, Presses Universitaires de Rennes, pp. 41-56.

Poser la question du bonheur au travail des hommes dans les métiers dits « féminins », et celui du bonheur des femmes dans les métiers « masculins », revient à présenter comme éventuellement problématique le rapport qu'entretiendraient le genre des professions et celui des individus qui les exercent. C'est une façon de réintroduire la question des processus de désenclavement de secteurs professionnels jusque-là très sexués et des risques encourus par les jeunes hommes ou femmes qui s'engagent dans des espaces professionnels où leur genre les singularise d'emblée. L'objet de cet article est d'alimenter la réflexion sur les conditions nécessaires au passage réussi à la mixité. Observe-t-on des difficultés symétriques chez les garçons et les filles en situation de forte minorité dans leur univers professionnel ? Ou au contraire, la logique de domination masculine s'impose t'elle pour supplanter la « logique majoritaire » permettant ainsi aux garçons des professions « féminines » de jouir de meilleurs conditions de travail que leurs consoeurs ?  

 

  « Le chemin des femmes dans les métiers masculins »

 

Couppié T. et Epiphane D., 2007in Eckert H. et Faure S. (dir.), Les jeunes et l'agencement des sexes, La Dispute, pp. 173-193.

Du point de vue des conditions objectives d'emploi, l'hypothèse d'un rapprochement entre les deux sexes se trouve vérifiée lorsqu'on étudie les débuts de parcours professionnels des jeunes filles qui se sont « aventurées » dans les filières « masculines ». On observe une réduction tendancielle des inégalités et les bénéfices que peuvent retirer les filles d'un investissement dans une formation menant aux segments professionnels « masculins ». Gains objectifs donc, mais à quel prix ? Les jeunes femmes qui parviennent à investir les différents bastions masculins en améliorant ainsi leurs conditions objectives d'emploi (en termes de reconnaissance salariale notamment) sont-elles heureuses dans leur travail ? 

 

 « Les femmes et les sciences font-elles bon ménage ? Parcours et destins professionnels de jeunes femmes scientifiques. »

Dominique Epiphane. in L'insertion professionnelle des femmes : entre contraintes et stratégies d'adaptation (2006) / Erika Flahault. Presses Universitaires de Rennes.

Cette étude montre la réduction tendancielle des inégalités et les bénéfices que peuvent retirer les filles d'un investissement dans une formation menant aux segments professionnels les plus « masculins », à savoir dans l'enseignement supérieur, aux emplois scientifiques et techniques, notamment à l'issue des formations d'ingénieurs. Leurs probabilités d'échapper au chômage, d'éviter un emploi à temps partiel contraint et d'accéder aux catégories socioprofessionnelles les plus valorisées sont proches de celles des jeunes hommes.  A ces niveaux de formation, la diversification des choix de formation des filles semble bel et bien fonctionner comme un levier d'égalisation des conditions d'insertion entre les sexes. Pourtant, les écarts de salaires entre hommes et femmes perdurent et l'on peut se demander si ces jeunes femmes « rentabilisent » de la même manière leur formation scientifique.

« La ségrégation des hommes et des femmes dans les métiers : entre héritage scolaire et construction sur le marché du travail. »

Couppié T. et Epiphane D., 2006, « La ségrégation des hommes et des femmes dans les métiers : entre héritage scolaire et construction sur le marché du travail », Revue Formation Emploi, n° 93, pp. 11-27. 

La distribution des hommes et des femmes dans les différentes professions n'est pas un simple prolongement d'orientations scolaires sexuellement clivées. La ségrégation éducative se convertit en partie en ségrégation professionnelle au moment de l'entrée dans la vie active. Mais, dans bon nombre de professions, un second mécanisme de ségrégation, indépendant des qualifications scolaires acquises, prend forme sur le marché du travail. Une analyse suivant un processus en deux étapes permet donc de mieux comprendre comment les hommes et les femmes finissent par se trouver plus ou moins séparés dans les différents métiers. Lire l'article.

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La faible orientation des filles vers les carrières scientifiques, https://www.cereq.fr/la-faible-orientation-des-filles-vers-les-carrieres-scientifiques